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Châtellenie. — Étendue du territoire soumis à la juridiction d'un seigneur châtelain. Henri iii, par un édit du 20 mars 1578, ordonna que la terre érigée en châtellenie « eût, d'ancienneté, haute, moyenne et basse justice sur les sujets de cette seigneurie, avec foire, marché, prévôté, église et prééminence sur tous ceux qui dépendoient de la terre, et qu'elle fût tenue à un seul hommage du roi. » Les impétrants devaient, en outre, être d'origine noble et ancienne. On voit qu'il ne s'agit ici que des terres des châtelains royaux. Voy. Châtelain.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
CHÂTELLENIE, subst. fém.,
signifiait tout à la
fois la seigneurie d'un seigneur châtelain, l'étendue
de sa seigneurie et de sa justice. Le terme de Châtellenie vient de château ou châtelet et
de châtelain,
parce que les châtelains étaient préposés à la
garde des villes.
Anciennement les Châtellenies n'étaient
pas des offices ou plutôt des commissions révocables à volonté :
les comtes les commettaient sous eux à des châtelains,
dans les bourgades les plus éloignées, pour y commander
et y rendre la justice, et le ressort de ces châtelains fut appelé Châtellenie.
Dans la suite, les châtelains prirent en fief leur Châtellenie,
ou s'en attribuèrent
la propriété à la faveur des troubles. Il
y avait néanmoins plusieurs provinces où les Châtellenies n'étaient
que de simples offices, comme en Auvergne, Poitou et Dauphiné.
On se servait indifféremment du titre
de prévôté ou
de celui de Châtellenie pour
exprimer une seigneurie et justice qui ne relevait pas directement
de la couronne. Ces Châtellenies n'avaient
anciennement que la basse justice ; c'est pourquoi
quelques coutumes, comme celles d'Anjou, du Maine et de
Blois portent que les châtelains n'ont que basse justice ; mais depuis la plupart des Châtellenies furent
en possession de la haute justice, tellement que, dans quelques
anciens praticiens, Châtellenie se
prend
pour toute haute justice, même relevant directement du
roi ; et l'on voit d'anciens contrats qui commencent
par ces mots : En la cour de Châtellenie de
Blois, de Tours, de Chartres, etc. Il y avait donc deux sortes
de Châtellenies, les unes
royales, les autres seigneuriales.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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