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DUC. Le Duc n'était primitivement qu'un gouverneur ou vice-empereur, comme nous l'apprend Vopiscus. Le premier gouverneur, en qualité de Duc, est un Duc de la Marche Rhétique ou des Grisons, dont il est fait mention dans Cassiodore. Du temps des Romains, les Ducs avaient le gouvernement des provinces ; mais ce ne fut que bien avant les empereurs. Ils avaient aussi le commandement des troupes et l'administration de la justice et des finances. Les Francs, quand ils s'emparèrent des Gaules, conservèrent les noms et la forme de ce gouvernement. Sous la seconde race, on ne trouve guère de Ducs. Tous les grands seigneurs s'appelaient comtes, pairs ou barons. Il y avait pourtant un duc de Bourgogne ; Hugues Capet était lui-même Duc de France ; qualité qui répondait à celle de maire du Palais ou de lieutenant-général du Roi. On a aussi donné autrefois le titre de Duc de France ou de comte au gouverneur de l'Île-de-France. Par la faiblesse des rois, les Ducs se rendirent souverains des provinces dont on leur avait confié le gouvernement. Ce changement arriva principalement du temps de Hugues Capet. Les grands seigneurs démembrèrent le royaume et Hugues Capet trouva en eux plutôt des rivaux que des sujets. Ils eurent même bien de la peine à le reconnaître pour supérieur et à relever de lui pour foi et hommage. Peu à peu, soit par la force, soit par des alliances, ces provinces, ou duchés et comtés, qui s'étaient détachés de la couronne, y ont été réunis. Mais on ne donne plus le titre de Ducs aux gouverneurs de province. Sous Louis xv ce fut un nom de dignité attaché à une seigneurie, que les rois ont érigée en duché. Ainsi donc la prééminence de cette qualité ne consistait que dans le nom et le premier rang qu'elle donnait, sans aucune prérogative, ni autorité. Dans les érections de duchés, le roi se réservait le ressort et la souveraineté ; et pour la réversion à la couronne, on ne s'avisait pas de la stipuler, comme les apanages donnés aux Enfants de France, parce que le roi n'accordait rien de son domaine, attendu que le duché était le patrimoine de celui qu'on honorait du titre de duc. Mais Charles ix, pour prévenir les fréquentes érections, ordonna en 1566, que les duchés seraient désormais réversibles à la Couronne. Cet usage ne se pratiqua plus au xviiie siècle. Les Ducs n'ont retenu de leur ancienne puissance que la couronne à cinq fleurons sur leur écu. C'est la seule marque de leur souveraineté passée.
Duc en Angleterre. — Pair du Royaume. — Dignité personnelle à laquelle on n'a annexé, ni domaine, ni territoire, ni juridiction. Le nom qu'on y attache est arbitraire et dépend du roi lorsqu'il confère la qualité de Duc. Elle est héréditaire et passe aux enfants successivement. (Dictionnaire de Trévoux).
d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la
science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901
DUC, subst. masc. Titre d'honneur, qui
est la première dignité parmi la noblesse de France, après
celle de prince.
Le duché ou la dignité de Duc était
une dignité romaine
sous le Bas-Empire, car auparavant le commandement des armées était
amovible, et le gouvernement des provinces n'était conféré que
pour un an. Ce nom vient de ducendo, qui conduit ou qui commande.
Suivant cette idée, les premiers Ducs étaient
les ductores exercituum, commandants
des armées. Sous les derniers empereurs, les gouverneurs des provinces
eurent le titre de Ducs ; dans la suite on donna la même qualité aux
gouverneurs des provinces en temps de paix.
Le premier gouverneur, sous le nom de Duc,
fut un Duc de la marche Rethique, ou du pays
des Grisons, dont il est fait mention dans Cassiodore. On établit
treize Ducs dans l'empire d'Orient, et douze dans l'empire
d'Occident.
| En Orient |
En Occident |
| Lybie. |
Mauritanie. |
| Arabie. |
Séquanique. |
| Thébaïde. |
Tripolitaine. |
| Arménie. |
Armorique. |
| Phénicie. |
Pannonique seconde. |
| Mésie seconde. |
Aquitanique. |
| Euphrate et Syrie. |
Valérie. |
| Scythie. |
Belgique seconde. |
| Palestine. |
Pannonique première. |
| Dace. |
Belgique première. |
| Osrohène. |
Rhétie. |
| Mésie première. |
Grande-Bretagne. |
| Mésopotamie. |
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La plupart de ces Ducs étaient ou
des généraux romains
ou des descendants des rois du pays, auxquels, en ôtant le nom de
rois, on avait laissé une partie de l'ancienne autorité,
mais sous la dépendance de l'empire.
Quand les Goths et les Vandales se répandirent dans les provinces
de l'empire d'Occident, ils abolirent les dignités romaines
partout où ils s'établirent ; mais les Francs, pour
plaire aux Gaulois qui avaient été longtemps accoutumés à cette
forme de gouvernement, se firent un point de politique de n'y rien
changer : ainsi ils divisèrent toutes les Gaules en duchés et comtés, et ils donnèrent quelquefois
celui de comtes, comites, à ceux qui en furent gouverneurs.
Cambden observe qu'en Angleterre, du temps des Saxons, les officiers
et les généraux d'armées furent appelés
Ducs, duces, sans aucune autre dénomination,
selon l'ancienne manière des Romains.
Lorsque Guillaume-le-Conquérant vint en Angleterre, ce titre s'éteignit
jusqu'au règne du roi Édouard III, qui créa Duc de
Cornouaille Édouard, qui avait eu d'abord le nom de prince
noir. Il érigea aussi en duché le pays de Lancastre en faveur
de son quatrième fils. Dans la suite on en institua plusieurs, de
manière que le titre passait à la postérité de
ces Ducs. On les créait avec beaucoup
de solennité : per
cincturam gladii cappaeque, et circuli aurei in capite impositionem. Et de
là sont venues les coutumes dont ils sont en possession
de porter la couronne et le manteau ducal sur leurs armoiries.
Quoique les Français eussent retenu les noms et les formes du gouvernement
des Ducs, néanmoins, sous la seconde race
de leurs rois, il n'y
avait presque point de Ducs ; mais tous
les grands seigneurs étaient
appelés comtes, pairs ou barons, excepté néanmoins les Ducs de Bourgogne et d'Aquitaine, et un Duc de
France : dignité dont
Hugues Capet lui-même portait le titre, et qui revenait à la dignité de
maire du palais ou de lieutenant-général du roi. Hugues-le-Grand,
père de Hugues Capet, avait été revêtu de cette dignité, qui donnait un pouvoir presque égal à celui
du souverain. Par la faiblesse des rois, les Ducs ou
gouverneurs se firent souverains des provinces confiées à leur
administration.
Ce changement arriva principalement vers le temps de Hugues Capet, quand les
grands seigneurs commencèrent à démembrer le royaume :
de manière que ce prince trouva chez les Français plus de compétiteurs
que de sujets. Ce ne fut pas sans grande peine qu'ils parvinrent à le
reconnaître pour leur maître, et à tenir de lui, à titre
de foi et hommage, les provinces dont ils voulaient s'emparer. Mais
avec le temps le droit des armes et les mariages, les provinces, tant duchés que comtés, qui avaient été démembrées
de la couronne, y furent réunies par degrés, et alors
le titre de Duc ne fut plus donné aux
gouverneurs des provinces. Depuis ce temps là le nom de Duc n'a
plus été qu'un simple
titre de dignité affecté à une personne et à ses
hoirs mâles, sans lui donner aucun domaine, territoire ou juridiction
sur le pays dont il est Duc. Tous les avantages
consistent dans le nom et dans la préséance qu'il donne.
Ils sont créés
par lettres patentes du roi, qui devaient être enregistrées à la chambre des comptes. Leur dignité est héréditaire,
s'ils sont nommés Ducs et pairs ;
alors ils avaient séance
au parlement, mais non s'ils n'étaient que Ducs à
brevet.
En Angleterre, les Ducs n'ont retenti
de leur ancienne splendeur que la couronne sur l'écusson de
leurs armes, qui est la seule marque de leur souveraineté passée.
On les crée par
lettres-patentes, ceinture d'épée, manteau d'État,
imposition de chapeau, couronne d'or sur la tête, et une verge
d'or à la main.
Les fils aînés des Ducs en Angleterre sont qualifiés
de marquis, et leurs plus jeunes sont appelés lords, en
y ajoutant leur nom de baptême, comme lord James, lord Thomas, etc.,
et ils ont le rang de vicomtes, quoiqu'ils ne soient pas aussi privilégiés
par les lois des biens-fonds.
Un Duc en Angleterre a le titre de grâce quand on lui écrit ;
on le qualifie, en termes héraldiques, de prince le plus haut,
le plus puissant, le plus noble. Les Ducs du sang royal sont qualifiés de
princes les
plus hauts, les plus puissants, les plus
illustres.
En France on donne quelquefois aux Ducs,
en leur écrivant,
le nom de grandeur et de monseigneur, mais
sans obligation ; dans les actes on les
appelait très hauts et très puissants seigneurs ; en
leur parlant on les appelle monsieur le Duc.
Le nom de Duc en Allemagne emporte avec soi
une idée de souveraineté,
comme dans les Ducs de Deux-Ponts, de Wolfembutel, de Brunswick, de Saxe-Weimar,
et dans les autres branches de la maison de Saxe, tous ces princes ayant
des états et séance aux diètes de l'empire. Le
titre de Duc s'est fort multiplié en
Italie, surtout à Rome
et dans le royaume de Naples ; mais il était inconnu à Venise
et à Gênes, si ce n'est pour le chef de ces républiques,
en Hollande, et dans les trois royaumes du Nord, savoir la Suède,
le Danemark et la Pologne ; car dans celui-ci le titre de grand-Duc
de Lithuanie est inséparable de la couronne aussi bien
qu'en Russie. Voyez Pair, Palais.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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