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Grands officiers de la couronne

 
 
Grands officiers de la couronne

 

Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Grand-aumônier
de France

Au Blason des Armoiries
 

GRAND-AUMÔNIER DE FRANCE. Le Grand- Aumônier de France est le premier des officiers ecclésiastiques de la maison du roi ; il est considéré en quelques occasions comme l'évêque de la cour. Il est commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, dès qu'il est nommé à la charge de Grand-Aumônier, et ne cesse point de l'être tant qu'il en est revêtu ; c'est un honneur attaché à sa dignité par l'institution de l'ordre en 1578.

Cet office est en France le comble des honneurs ecclésiastiques solstitium honorum : aussi a-t-il été très souvent honoré de la pourpre ; et depuis 1606 il n'a été possédé que par des cardinaux.

Le Grand-Aumônier prête serment de fidélité entre les mains de sa majesté.

II donne le certificat de serment de fidélité que prêtent au roi sur l'évangile (ordinairement pendant la messe) les nouveaux archevêques, évêques de France, et autres in partibus ; les généraux d'ordre, le grand-maître de l'ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem ; les six grands-prieurs de l'ordre de Malte en France, et encore quelques abbés ; autrefois tous les abbés et abbesses faisaient au roi serment de fidélité.

Il présente aussi au roi le livre des évangiles pour faire le serment d'alliance, lorsque l'occasion s'en présente, comme cela se pratiqua dans l'église de Notre-Dame de Paris, au renouvellement d'alliance avec, les ambassadeurs des treize cantons Suisses, le 18 novembre 1663. Il marche à la droite du roi aux processions : et le roi permettant à quelques grands-officiers de la maison de s'asseoir pendant le sermon, ou autre service de l'église, le siège du Grand-Aumônier est à la droite de sa majesté.

Le Grand-Aumônier a la charge de la délivrance des prisonniers, qui se fait de la part du roi pour son joyeux avènement à la couronne, en faveur du sacre des rois et des reines, de leurs mariages, de leurs premières entrées dans les villes du royaume, pour la naissance des enfants de France, aux grandes fêles annuelles, aux jubilés, au sujet de quelque victoire ou conquête signalée et pour d'autres occasions.

C'est lui qui dispose du fonds destiné pour les aumônes du roi, et qui fait faire les ornements nécessaires pour la chapelle.

Il vient, quand bon lui semble, faire le service, comme au lever et au coucher du roi pour assister aux prières de sa majesté ; il est présent aux festins royaux, même au dîner et au souper du roi pour la bénédiction et les grâces ; et à la messe où il reçoit de la main des clercs de chapelle et oratoire, les heures du roi pour les lui présenter, et le goupillon à la fin de la mese pour lui donner de l'eau bénite. Il accompagne le roi quand il vient à l'offrande, depuis le prie-dieu jusqu'à l'autel.

Ces mêmes fonctions sont aussi faites par le premier aumônier ou les autres aumôniers en son absence.

Il fait encore quelques fonctions, s'il se veut trouver à toutes les cérémonies qui se font chez le roi, comme le jour de la Cène, lorsque sa majesté lave les pieds à treize pauvres enfants et lorsqu'il touche les malades.

Il donne au roi la communion et autres sacrements.

Il baptise les dauphins, fils et filles de France, et autres dont le roi est parrain, et il fiance et marie en présence du roi, les princes et les princesses, mais toujours l'aumônier ordinaire présent, qui inscrit dans les registres de la paroisse, les actes qui se font en conséquence de ces cérémonies.

Il est d'usage que le jour de la Cène, le Grand-Aumônier, quand il est évêque, donne l'absoute, ayant la crosse et la mitre.

C'est lui, quand il se trouve à la chapelle, qui fait baiser l'évangile et la paix au roi à certaines fêtes de l'année ; en son absence, c'est le premier Aumônier ou ceux de quartier, qui en font les fonctions.

L'usage est, que s'il se trouve près du prie-dieu du roi un évêque en rochet et en camail, l'Aumônier de quartier lui cède cet honneur, et même le premier Aumônier le lui céderait s'il n'était pas évêque.

Il donne des cendres à Sa Majesté, et lui accorde la dispense pour manger de la chair en carême, et autres jours maigres.

Il établit sous lui un vicaire-général de la grande-aumônerie, qui donne aux officiers ecclésiastiques de la maison du roi les certificats de service.

Par le vingtième statut de l'ordre du Saint-Esprit, avant qu'un chevalier entre dans l'ordre, il est obligé de faire sa profession de foi entre les mains du Grand-Aumônier de France, ou de l'un des prélats associés à l'ordre.

Monseigneur Alexandre-Angélique de Talleyrand-Périgord, archevêque et duc de Reims, est Grand-Aumônier de France.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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