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GÉNÉALOGIE. Tableau dressé par ordre chronologique de tous les membres d'une famille, et des alliances qui ont été contractées par cette famille, tant en ligne directe qu'en ligne collatérale.
d'après l' Alphabet et figures de tous les termes du blason
L.-A. Duhoux d'Argicourt — Paris, 1899
GÉNÉALOGIE, subst. fém.,
dénombrement d'aïeux ;
histoire sommaire des parents et alliés d'une famille noble, d'une
maison ancienne et illustre, tant en ligne directe que collatérale.
On prouve sa noblesse par sa Généalogie pour
jouir des honneurs de la cour, pour être reçu chevalier
des ordres du roi.
On faisait aussi des preuves de noblesse par sa Généalogie,
lorsqu'on désirait entrer dans des chapitres nobles, tels
que ceux de Lyon, de Brioude, de Mâcon, de Saint- Claude,
etc. On en faisait encore pour l'ordre de Malte, de Saint-Lazare, et
pour entrer à l'école militaire.
Les demoiselles faisaient des preuves de noblesse pour être reçues à Saint-Cyr, dans
les chapitres de Saint-Louis de Metz ; de Neuville, en
Bresse ; d'Alix en Lyonnais ; de Leigneu, en
Forez ; de Remiremont, diocèse de Toul ;
de Maubeuge, au pays de Cambrésis, etc.
Lorsque l'on faisait une Généalogie avec
les formalités
requises, le présenté devait mettre en évidence
son baptistère, qui prouvait de qui il était fils ;
sa filiation remontait de lui à son père, du père à l'aïeul,
de l'aïeul au bisaïeul, du bisaïeul au trisaïeul,
du trisaïeul au quatrième aïeul, ainsi de suite,
selon l'exigence des cas.
Le présenté fournissait un Arbre
généalogique,
où se trouvait sa filiation de père en père ;
ses armoiries, les
noms des femmes de chaque père, et leurs armes.
À chaque degré, il fallait trois actes originaux pour
les dix-septième et dix-huitième siècles, et deux
seulement pour les siècles antérieurs, savoir : contrat
de mariage et testament ; s'il manquait un de ces deux
actes, un autre acte devait
y suppléer, soit extrait mortuaire, transaction, hommage,
dénombrement de terre, acte d'acquisition de biens, etc.
Quand en fait la Généalogie entière
d'une maison ou famille noble, on y met toutes les branches et
tous les rameaux qui
en sont sortis ; on fait à chaque degré ce qui se
pratiquait pour entrer dans les ordres de chevalerie et chapitres nobles ;
on y ajoute les dates des contrats de mariage et testaments
de tous les collatéraux mâles et femelles, tant ceux
qui ont eu postérité que ceux qui n'en ont
point eu ; on y doit mettre encore les dates des commissions,
lettres et brevets de services militaires ; les dates
de mort des officiers tués dans les armées et des détails de
leurs actions éclatantes, ce qui rend les Généalogies historiques ;
on y met encore
les dates des contrats de mariage des filles, les
noms de familles et de terres de leurs époux, de qui ils sont
fils, afin de faire connaître toutes les alliances.
On prétend que les Généalogies n'ont
commencé à être
dressées sur titres, suivant l'usage actuel, que vers l'an 1600 :
auparavant, on faisait les preuves de noblesse par
enquêtes ; les commissaires, préposés
pour les informations se transportaient sur les lieux où la
famille résidait, interrogeaient des vieillards, et en dressaient
leur rapport : ce qui se pratiquait encore vers la fin du siècle
dernier, avant la révolution. Il est vrai que les commandeurs
commissaires faisaient ajouter au baptistaire du présenté, les contrats
de mariage, testaments, et autres actes originaux qui établissaient
la filiation.
Le mot Généalogie vient
du latin genealogia, dérivé du
grec, formé de […] race,
lignée, et de […] discours traité :
Généalogie signifie donc
un discours fait sur une lignée, sur une descendance de père
en fils.
L'étude des Généalogies est
d'une extrême importance pour l'histoire ; outre
qu'elles servent à distinguer
les personnes historiques du même nom et de la
même famille, elles montrent les liaisons de parenté,
les successions, les droits, les prétentions. Mais il faut être
en garde contre les absurdités de certains historiens, qui par
adulation font remonter jusqu'aux temps héroïques
l'origine des maisons ou des princes en faveur de qui ils écrivent,
comme il arriva à un auteur espagnol qui voulant faire la
cour à Philippe II, le fit descendre en ligne directe d'Adam,
depuis lequel jusqu'à ce
prince il comptait cent dix-huit générations sans lacune
ou interruption. Il n'est guère de nation qui n'ait ses
fables à cet égard.
Tous les ouvrages qui ont paru jusques ici sur les Généalogies ont
subi une critique qui n'a point intimidé ni les familles
qui les ont créés, ni les auteurs qui les ont fait imprimer.
Boileau dans sa satyre sur la noblesse (je la rapporterai au mot Noblesse)
s'élève
avec raison contre ce système adulateur
et mensonger de créer des aïeux, mais c'était
en 1665 qu'il écrivait ; que dirait il donc aujourd'hui
s'il lisait toutes les Généalogies qu'on
a établies
depuis ?
En effet, la noblesse illustrée par des services
rendus à l'état ou par la faveur des rois, peu
satisfaite de son élévation
du moment, a vu avec jalousie et dépit la noblesse ancienne lui
opposer des degrés d'ascendance plus solides et plus purs
que les siens. Elle voulut alors se mettre à la hauteur de celle-ci,
en établissant des Généalogies fastueuses
qui faisaient remonter son origine aux temps les plus reculés ;
mais des contemporains dignes de foi attestaient dans l'ombre que cette origine était
toute plébéienne, ce que des actes publics et patents confirmaient
encore. Mais comme le lustre d'une maison dépendait de l'ancienneté qu'elle
prouvait, chacun pour reculer à proportion la date de son origine
aurait voulu reculer celle de la création du monde ; et le sine
qua non d'une Généalogie était
que l'origine de la maison se perdait dans la nuit des temps.
Voilà une des causes du juste anathème lancé par
la saine critique sur tous les ouvrages généalogiques qui
ont complaisamment rapporté ces rêves de l'orgueil et de
l'ambition.
Mais si la malignité et l'arme du ridicule font justice de ces vaines
et fausses prétentions, il faut dire aussi que la méchanceté et
la mauvaise foi frappent trop souvent de doute les titres les plus vrais
et les plus authentiques, et que nul ne veut croire à la Généalogie de
son voisin, quoiqu'il entre en fureur, si l'on élève
le moindre soupçon sur la sienne, ce qui fait que l'écrivain
le plus probe et le plus sévère se trouvera souvent en butte à la
critique et à la calomnie.
Il faudrait aussi que la noblesse perdit la manie de vouloir toujours
rencontrer dans des alliances une liaison collatérale avec les plus
anciennes familles et même avec la maison régnante ou autres
maisons souveraines. La plupart ne tarissent point sur ces sortes d'alliances
contractées par d'illustres familles (auxquelles ils ne se sont
le plus souvent qu'indirectement alliés) avec les grandes
maisons ; et pour peu qu'ils veuillent encore remonter plus haut, ils
se trouveront parents avec tout le genre humain, car la vérité la
moins possible à cacher, c'est que nous descendons tous
du même homme.
En général, on cherche moins dans une Généalogie une
longue suite d'aïeux qu'une longue série de services
utiles à la
patrie ; en effet qu'importe à l'histoire et à la
nation un dénombrement sans fin d'ancêtres inconnus, et
qu'on ne fait connaître
le plus souvent que par leur oisiveté ? On doit donc résumer
qu'une famille, quelle qu'en soit d'ailleurs la souche, est respectable lorsque
sa Généalogie, appuyée de
titres suffisants, rappelle au souverain et à l'état les
services qu'elle leur a rendus ; elle n'a pas besoin de fouiller
dans les siècles
reculés
pour coudre à la tête de cette Généalogie des
degrés apocryphes, qui n'échappent jamais à l'observateur et
qui, loin d'ajouter aucun lustre à cette
famille, font presque toujours naître une présomption défavorable
sur ses véritables degrés. Voyez Arbre
généalogique, Branche, Degrés, Filiation, Juge d'Armes, Noblesse, Panon
généalogique.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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