Dictionnaire héraldique : tous les termes du blason, constitutifs de la science héraldique

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Chêne

 

CHÊNE. Arbre qui se distingue des autres arbres par les glands dont il est chargé. On le dit fruité quand ses glands sont d'un émail particulier.

Il est l'emblème de la force et de la puissance. Dans l'Antiquité, on honorait cet arbre et on faisait des couronnes de ses branches, qu'on mettait sur la tête de ceux qui avaient sauvé la vie à des citoyens. On décernait aussi des couronnes de feuilles de Chêne aux guerriers pour les récompenser de leurs actions d'éclat. Dans ce dernier cas, le Chêne est l'emblème de la victoire. Dans le Langage des fleurs actuel, le Chêne désigne l'hospitalité.

En soumettant à une étude approfondie les armoiries, naturellement peu anciennes, des familles Chérémétief, Kolytchef, Iakovlef, Soukhovo-Kobyline, etc., toutes issues de la même souche que les Romanof, on reconnut dans la couronne d'or surmontant un écusson de gueules de forme ovale, l'indice d'une maison souveraine ; dans le Chêne, on voit une allusion aux sacrifices que les prêtres du peuple prusso-lithuano-samogitien accomplissaient sous cet arbre ; dans les deux croix d'argent, la preuve de la conversion au christianisme, et dans les lions qui soutenaient l'écusson et dont l'un tenait dans ses griffes un sceptre, l'autre un globe, la confirmation du point le plus essentiel, l'extraction royale. Rien de cela ne se rapportait rigoureusement à André Ivanovitch Kobyline, auteur de la maison Romanof', qui a régné sur la Russie ; mais en faisant de nouvelles recherches on découvrit les traces de son père, et ce père, dont les livres consultés par le savant Muller ne font pas mention, était Glanda Kambila Divonovitch. On accorda la préférence à celui-ci parce que dans le document, sans doute égaré depuis, où l'on avait trouvé son nom, on le voyait désigné comme originaire de la Samogitie et de la Sudavie voisine (régence actuelle de Gumbinnen), et comme un membre de la maison princière (en d'autres termes royale, disait-on), qui, depuis un temps immémorial, régnait sur le peuple lithuano-prussien. Or, n'était-ce pas précisément ce qui résultait aussi de l'inspection des armoiries ? (Schnitzler. — Histoire intime de la Russie, Paris, 1854.)

d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901

 

CHÊNE. Ce meuble, qui symbolise la force et la puissance, se rencontre souvent dans les armes. Voir au mot Arbre les détails qui ont été donnés sur tout ce qui doit être spécifié lorsque cette pièce figure dans un écu.

A dessiner de Colas des Francs.
d'après l'Alphabet et figures de tous les termes du blason
L.-A. Duhoux d'Argicourt — Paris, 1899

 

Chêne.

Blason Babaud de La Chaussade

Babaud de La Chaussade : D'or, au chêne terrassé de sinople, englanté du champ. (Nivernais)
 

Blason Boone

Boone Bruno : D'or, au chêne arraché de sinople, englanté du champ, surmonté d'un chien courant de gueules. (Flandre)

CHÊNE, subst. masc., arbre que l'on distingue des autres dans l'écu, par les glands dont il est chargé. Quand ces glands sont d'un autre émail que l'arbre, on le dit fruité. Voyez Arbre.

Le Chêne est le symbole de la force, de la puissance et de la prospérité. Les anciens honoraient cet arbre, et surtout les Gaulois chez qui il était en grande vénération. Les Romains faisaient des couronnes de ses branches, et les donnaient à ceux qui avaient sauvé la vie à des citoyens.

A dessiner de BoisSinard de Margon, en Berry : d'or, au chêne de sinople.
A dessiner d'Alboy de Montrosier, en Rouergue : d'azur, au chêne d'argent, fruité de sinople, adextré d'une main de carnation, tenant une épée du second émail, garnie d'or.
A dessiner de Gilibert de Merlhiac, en Limousin : de gueules, au chevron d'or, accompagné en chef d'un chêne d'argent, planté sur une montagne du second émail ; au chef cousu d'azur, chargé d'un croissant du troisième, accosté de deux étoiles du même.
d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

  
 

Essai symbolique :

Un Chêne :
  • symboliserait l'autorité ancienne ; le pouvoir ancien.
  • à deux branches placées en sautoir symboliserait l'ancienneté de noblesse.
  • en champ de gueules symboliserait le courage guerrier.
  • fruité d'or symboliserait le mérite avoué.
 

d'après le Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason » (Avertissement)
par L. Foulques-Delanos, Limoges, oct. 1816

 

 

 
 
 


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