Adoption. — L'adoption par les armes, qu'on trouve chez les barbares, était une espèce d'investiture chevaleresque. Lorsque Gontran, roi de Bourgogne, adopta son neveu Childebert ii, roi d'Austrasie, il lui remit son bouclier et sa lance, en prononçant cette formule : que le même bouclier nous défende, que la même lance nous protège. Il y avait d'autres modes d'adoption usités chez les Francs, et en général chez les nations germaniques ; un des plus remarquables consistait à tondre les cheveux de celui qu'on adoptait, c'est ce que Ducange appelle capillorum incisione adoptare [1]. Lorsque Charles Martel conclut un traité avec Luitprand, roi des Lombards, il lui envoya son fils Pépin, afin, dit Aimoin, qu'à la manière des fidèles chrétiens, il lui coupât le premier les cheveux et devînt ainsi son père spirituel.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
Note de la rédaction 1- Adopter par la coupe des cheveux