AU BLASON DES ARMOIRIES Vous êtes ici :Au Blason des Armoiries : blason, héraldique, noblesse, féodalité, ordres de chevalerieBlason des Armoiries » Institutions » Anneau  |   NouveautésRSS - Contact
Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries

 

 

Anneau

Au Blason des Armoiries
 

Anneau. — L'anneau servait, dans les premiers siècles de notre histoire, à sceller les lettres et à leur donner un caractère d'authenticité. « Nous vous promettons, dit Clovis écrivant aux évêques, de déférer à vos lettres dès que nous aurons reconnu l'impression de votre anneau. » Les premiers rois francs, comme les évêques, faisaient apposer aux actes émanés de leur autorité leur sceau gravé sur un anneau qu'ils portaient au doigt. On trouve des sceaux de cette nature sous les deux premières races et même au commencement de la troisième. Les papes ont conservé l'usage de sceller avec leur anneau les lettres familières, et, comme cet anneau représente saint Pierre sous le costume d'un pécheur, on l'appelle l'anneau du pécheur. Les rois de France, les seigneurs et les évêques adoptèrent, à partir du xiie siècle, l'usage de donner à leurs actes un caractère d'authenticité, en y suspendant leurs sceaux empreints sur la cire. Voy. Sceaux.

L'anneau était un signe de reconnaissance : dans le roman de Gérard de Roussillon, un messager ou ambassadeur de Gérard, allant de sa part faire des représentations à son souverain, lui présenta son anneau pour faire reconnaître son caractère. (L. S. P.)

L'anneau était encore un symbole d'union ; tantôt il indiquait l'union de deux époux, tantôt l'union du pasteur et de son troupeau ou du souverain et de ses sujets. Dans les plus anciens rituels de l'Église, on trouve la bénédiction de l'anneau au moment du mariage. L'anneau se plaçait au quatrième doigt, parce qu'on croyait qu'une veine de ce doigt correspondait avec le coeur. D'après un rituel de l'église de Reims, le prêtre plaçait l'anneau à différents doigts en prononçant une formule rimée que le fiancé répétait (Origines du droit français, par M. Michelet) :

Au pouce : « Par cet anel l'Église enjoint ;
A l'index : « que nos deux coeurs en un soient joints ;
Au doigt du milieu : « par vrai amour et loyale foy ;
Au quatrième doigt : « pour tant je te mets en ce doy. »

Dans la cérémonie de l'investiture féodale, l'anneau jouait un grand rôle. Grégoire vii s'opposa à ce que les laïques donnassent aux ecclésiastiques ce signe du pouvoir spirituel. Ce fut un des prétextes de la guerre des Investitures.

Lorsque l'archevêque de Rouen allait, pieds nus, prendre possession de la cathédrale, il passait devant l'abbaye de Saint-Amand ; l'abbesse, qui l'attendait sur la porte, lui mettait au doigt un anneau, en disant aux moines de Saint-Ouen qui l'amenaient : « Je vous le donne vivant, vous me le rendrez mort. » Le duc de Normandie, à la cérémonie de son couronnement, épousait sa duché, en recevant au pied de l'autel un anneau bénit, qui était précieusement conservé par les Normands, comme une preuve de l'indépendance de leur province. Lorsque Louis xi eut réuni définitivement la Normandie à la couronne, il fit briser l'anneau ducal, en présence de l'Échiquier, où siégeaient les prélats et les hauts barons.

L'anneau indiquait aussi quelquefois l'emprise ou l'engagement pris par un chevalier d'accomplir un voeu. Cet usage remontait aux Germains, et nous en trouvons la première trace dans Tacite qui parle des anneaux de fer que portaient certains guerriers pour leur rappeler le serment qu'ils avaient prêté. L'emprise du moyen âge était souvent un signe d'une autre nature. Ainsi, Froissart raconte qu'au commencement de la guerre de cent ans (vers 1336) plusieurs chevaliers anglais s'étaient couvert un oeil d'un morceau de drap rouge et avaient fait voeu de ne le déposer qu'après s'être signalés par quelque prouesse éclatante.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries

 • Articles connexes

Bague (Héraldique)