Aveu. — Acte par lequel un vassal énumérait les terres et droits qu'il tenait de son seigneur. L'aveu devait être remis dans les quarante jours qui suivaient la cérémonie de l'hommage. Voy. Féodalité.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
Aveu, subst. masc., terme de généalogie, qui se
prenait quelquefois pour la foi et hommage fait par le vassal
au seigneur, par lequel il le reconnaissait pour son seigneur,
duquel relevait le fief dont il était propriétaire.
Il se prenait ordinairement pour une reconnaissance que le nouveau
vassal était obligé de donner à son seigneur,
quarante jours après qu'il avait été reçu
par lui en foi et hommage, avec un dénombrement ou description
en détail et par le menu de toutes les terres et droits qu'il déclarait tenir de lui à titre féodal.
Le vassal ne pouvait présenter son Aveu et dénombrement à son
seigneur, qu'après qu'il avait été reçu
en foi et hommage ; et il était obligé de
le faire quarante jours après la foi et hommage, sous
peine de saisie féodale.
Cet Aveu devait être en parchemin, passé par-devant
notaires qui eussent pouvoir d'instrumenter dans le lieu où le dénombrement était fait.
Le seigneur avait quarante jours pour l'examen,
après
quoi si le seigneur ne fournissait point de blâme, il était
tenu pour reçu, pourvu que le vassal eut été rechercher
l'Aveu, et qu'il eut demandé s'il y
avait blâme.
Ainsi cet axiome, que l'Aveu était
tenu pour reçu
après quarante jours, n'était pas vrai à la
lettre ; il empêchait seulement que le seigneur put
user de saisie, mais il avait toujours la voie de l'action
pour faire rétablir dans l'Aveu ce qu'il croyait
devoir y être
ajouté.
Les Aveux et dénombrements baillés
par les vassaux ne faisaient foi, et ne préjudiciaient
qu'à ceux
qui les baillaient, ou à ceux qui les recevaient, mais
non pas à un tiers, qui n'y intervenait point ;
car, à son égard,
ils ne faisaient point de foi, et ne pouvaient être regardés
que comme une écriture privée.
Anciennement les vassaux avouaient seulement
en gros ce qu'ils tenaient de leurs seigneurs ; mais
parce que les seigneurs étaient
souvent fraudés par ces sortes d'Aveux généraux,
pour empêcher leurs vassaux de soustraire dans la suite
des temps une partie des terres qu'ils tenaient d'eux,
ils les obligèrent à les détailler et spécifier
en détail, et de là venait que les Aveux étaient
aussi nommés dénombrements.
Le seigneur féodal n'était
pas tenu d'avouer ou désavouer formellement certaines
pièces du dénombrement qu'il blâmait ; c'était au vassal à bailler
son dénombrement particulièrement, par tenants
et aboutissants.
Dans les coutumes où tout héritage était
reconnu franc-alleu, si le seigneur ne justifiait le contraire, le vassal n'était point obligé d'avouer ou de
désavouer jusqu'à ce que son seigneur lui eut justifié de
sa mouvance.
Les créanciers d'un vassal, en
leur qualité de
créanciers, n'étaient point reçus à présenter Aveu. VoyezDénombrement.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816