Bagaudes. — Ce nom vient, selon les uns, du grec […], errer ; selon d'autres, d'un mot celtique, bagad, qui signifie insurgés, attroupés. Il désigne, dans l'histoire, les Gaulois révoltés, qui, pour se soustraire à l'oppression romaine, prirent les armes, en 270 après J. C, sous Aurélien, et en 284, à l'époque de l'avènement de Dioclétien. Ces deux révoltes furent étouffées. Mais plusieurs passages de Salvien prouvent qu'il y avait encore des bagaudes au ve siècle : « Je parle maintenant des bagaudes, dit-il, au livre v de son Traité du gouvernement de Dieu, je parle maintenant des bagaudes, qui dépouillés par des juges iniques et sanguinaires, écrasés, égorgés, privés du droit de la liberté romaine, ont fini par perdre jusqu'au nom de Romains. Nous leur faisons un crime de leur malheur, nous leur faisons un crime du nom qui atteste ce malheur, nous leur faisons un crime du nom que nous leur avons imposé. » Dans le même livre, il représente ces bandes errantes, en rébellion perpétuelle contre une société inique et donnant un asile aux opprimés. « Les malheureux, dit-il, s'enfuient tantôt chez les barbares, tantôt au milieu des bagaudes, et ils ne s'en repentent pas. Ils préfèrent la liberté sous l'apparence de l'esclavage à l'esclavage sous l'apparence de la liberté. »
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899