Baïonnette. — Cette arme, qui remplaça la pique, ne date que du milieu du xviie siècle ; on prétend qu'elle tire son nom de ce qu'elle fut inventée à Bayonne. Il n'y eut d'abord que quelques companies armées de baïonnettes. On en trouve des exemples dès 1642 ; mais on admet généralement que le régiment des fusiliers, appelé dans la suite royal-artillerie, en fut pourvu le premier en 1671. Primitivement la baïonnette était adaptée à un manche de bois que l'on enfonçait dans le canon du fusil, de sorte qu'elle le bouchait et empêchait de tirer. Il fallait enlever la baïonnette pour se servir de l'arme à feu. On évita cet inconvénient par l'invention de douilles creuses, en 1701 ; dès lors la baïonnette ne s'opposa plus au tir, et le fusil, muni de la baïonnette, fut tout à la fois une arme à feu et une arme blanche. En 1703, toute l'infanterie française reçut des fusils à baïonnettes grâce à l'influence du maréchal de Vauban. De nos jours, les sabres des chasseurs d'Afrique s'adaptent à l'extrémité des carabines en guise de baïonnettes et sont devenus une arme encore plus redoutable que les baïonnettes ordinaires.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899