Bal. — Ce mot vient du grec […] (jeter), d'où l'on fit dans le latin du moyen âge ballare, et dans le vieux français baller, qui signifie danser, chanter, se réjouir. Dans le bal, la danse domine (voy. Danse). On trouve dans les anciens romans de chevalerie et dans les historiens du moyen âge de fréquentes mentions de grandes fêtes ou bals donnés par les rois et par les seigneurs, entre autres par Charles v en 1378, par Charles vi en 1389, 1390, 1392, etc. Le ballet est un mélange de danse et de drame. Catherine de Médicis avait contribué à introduire en France le goût des ballets. Il s'accrut pendant le xviie siècle, et jamais ce genre de spectacle ne fut plus en vogue qu'à cette époque. Louis xiv lui-même dansa dans plusieurs ballets, et, entre autres, dans le ballet de Pelée et de Thétis, dont Benserade avait composé les vers. Ce ballet fut représenté, en 1654, sur le théâtre du Petit-Bourbon. Souvent le ballet n'était qu'un intermède mêlé à l'action ; ainsi les ballets des Tailleurs et des Marmitons dans le Bourgeois gentilhomme. On appelle ballet d'action une pantomime, comme dans les ballets de Psyché, de Télémaque, de Paris, de Médée. — Voy. le Traité des Ballets anciens et modernes, par Menestrier, 1682 ; les Lettres de Noverre, sur la Danse et sur les Ballets, 1760, et la Théorie des Beaux-Arts, par Sulzer.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899