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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
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Bannière

Au Blason des Armoiries
 

Bannière. — On a prétendu que la première bannière de France fut la chape de saint Martin portée dans les combats par le comte d'Anjou, grand sénéchal de France. Mais cette prétendue chape était, selon le père Daniel (De la milice française, t. i, p. 492), un pavillon, sous lequel les rois de la première et de la seconde race faisaient porter les reliques des saints lorsqu'ils entraient en campagne. Cette chape n'était donc qu'une espèce de châsse, où se trouvaient, entre autres reliques, celles de saint Martin de Tours. Ainsi la première bannière de France ressemblait au char sacré ou carroccio des Milanais. Le pavillon sacré était placé sur un char surmonté d'un mât élevé d'où flottait un vaste étendard. Pendant la bataille le char était déposé au milieu du principal corps d'armée ; dix chevaliers veillaient à sa garde, et dix trompettes retentissaient pour exciter l'ardeur de l'armée.

Il est cependant probable que la bannière qui flottait sur ce pavillon était celle même de saint Martin ; elle était de couleur bleue et de forme carrée, semée de fleurs de lis d'or. Il ne faut pas la confondre avec l'oriflamme. Ce dernier étendard était la bannière de Saint-Denis, d'étoffe rouge, fendue par en bas et suspendue à une lance dorée. C'étaient les comtes de Vexin qui primitivement la portaient à la guerre, en qualité d'avoués de l'abbaye de Saint-Denis. Lorsque le comté de Vexin fut réuni à la couronne, le roi de France devint avoué de Saint-Denis, et ce fut en cette qualité que Louis vi porta l'oriflamme en 1125, lorsqu'il marcha contre l'empereur d'Allemagne Henri v (voy. Armée). À la bataille de Bouvines, en 1214, et à la bataille de Poitiers, en 1356, la bannière de France et l'oriflamme figuraient encore séparément. En 1415, le roi de France alla pour la dernière fois prendre l'oriflamme à Saint-Denis. Les rois de France avaient un troisième étendard, c'était une cornette blanche, qui était confiée à l'écuyer tranchant. On vit longtemps dans les armées françaises à coté de la cornette blanche un pennon de velours azuré à quatre fleurs de lis, servant également de bannière royale. Au xvie siècle, la cornette blanche remplaça l'oriflamme et la bannière de France. En 1789, elle fit place au drapeau tricolore, qui comprenait les trois couleurs nationales, blanche, bleue (Navarre), rouge (Paris). Chaque ville, chaque paroisse, chaque corporation, avait sa bannière qui représentait l'image de son patron. En campagne, la bannière des églises était portée par leur avoué, et s'appelait encore gonfanon. À partir des croisades, les chevaliers commencèrent aussi à lever bannière ; celle des bannerets était carrée ; les bacheliers ne portaient que le pennon ou bannière à queue. (Voy. Bachele.). Les bannières étaient armoiriées et servaient à faire reconnaître les seigneurs au milieu de la multitude de guerriers couverts d'armures. — Voy. Galland, Des anciennes enseignes et étendards de France.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

BANNIÈRE. Le Cérémonial manuscrit rapporte que la Bannière est la marque de l'investiture du banneret. Le duc recevait l'investiture par la couronne, le marquis par le rubis qu'il mettait au doigt du milieu, le comte par le diamant, le vicomte par la verge d'or et les barons et les bannerets par la Bannière. Si les marques d'investiture pour les titres supérieurs à celui de baron sont sujettes à caution, il est certain que pour le banneret il n'existe pas de doute. Car, comme la Bannière est un étendard sous lequel les vassaux se rangeaient pour aller à la guerre, il est évident que toutes les investitures de terres donnant le droit à leurs propriétaires de conduire leurs vassaux à la bataille, se sont toujours faites par la bannière. Dans plusieurs arrêts, les terres à bannières sont nommées feuda vexillorum et les chevaliers milites vexillati. (Glossarium par du Ducange. — Dissertation sur les chevaliers bannerets, t. vii).

La Bannière était aussi une enseigne servant de guide aux gens de guerre. On la nomme aujourd'hui drapeau. En Espagne, il y avait deux espèces de gentilshommes : ceux de la bannière et ceux de la chaudière. Les premiers levaient Bannière pour rassembler leurs vassaux. En souvenir de cette prérogative, les plus grandes maisons de Castille, de Léon, d'Aragon et de Navarre ont placé des Bannières dans leur blason. On rencontre, pour le même motif, quelquefois la Bannière dans les écus portugais. (G.-A. de La Rocque. Traité de la Noblesse, p. 480.)

La bannière triangulaire apparaît dès l'an 1158, sur un sceau d'Étienne Ier, comte de Sancerre. La Bannière carrée se voit dès le xiiie siècle sur plusieurs sceaux des vicomtes de Turenne et sur ceux de Ferry iii, duc de Lorraine, en 1316, et de Jean iii, duc de Brabant, en 1341, avec quatre lions. (Douet d'Arcq, Collection de sceaux.)

On sait que depuis les rois carlovingiens, il était porté aux armées dans les circonstances les plus graves, l'étendard appelé oriflamme, oriflambe, lequel était composé d'une étoffe de cendal rouge brodé de flammes d'or. Cet étendard est mentionné dans l'inventaire du trésor de Saint-Denis par les commissaires de la Chambre des Comptes, en 1534. C'était alors « un étendard d'un cendal fort épais, fendu par le milieu (c'est-à-dire à deux queues), en façon d'un gonfanon, fort caduque, enveloppé autour d'un bâton couvert d'un cuivre doré, et un fer longuet aigu au bout. »

Guillaume de Poitiers, qui écrivait vers la fin du xie siècle, raconte que Guillaume le Conquérant, après son couronnement, envoya au pape, la Bannière d'Harold, « toute d'un tissu d'or très pur et portant l'image d'un homme armé. » Ainsi dès le xe siècle, il était d'usage de figurer des emblèmes ou signes quelconques sur les Bannières, et il faut à ce sujet se rappeler qu'avant sa descente en Angleterre, le pape avait fait don au duc de Normandie, d'une Bannière fort belle, enrichie d'une croix, qui est représentée sur la célèbre tapisserie de Bayeux.

Les rois de France ne portaient pas seulement l'oriflamme et la Bannière bleue fleurdelisée ; ils avaient aussi la Bannière à croix blanche, qui paraît avoir été adoptée plus tard. Mais les historiens mentionnent encore d'autres étendards royaux.

Il ne paraît pas que l'oriflamme ait été portée dans les armées des rois de France après le règne de Charles vi. Le dernier historien qui en fasse mention est Juvénal des Ursins, en 1412. Les rois de France, outre l'oriflamme, la Bannière d'azur fleurdelisée d'or et la Bannière à croix blanche, faisaient porter la cornette blanche, simple, sans ornements, ni pièces héraldiques. Cette cornette blanche n'est mentionnée qu'à la fin du xve siècle.

Seuls, les princes, les seigneurs suzerains et chevaliers bannerets faisaient porter devant eux la Bannière, signe de leur droit féodal. Cette enseigne était quadrangulaire, avec ou sans queues. Elle était habituellement, à dater du xiie siècle, brodée aux armes du noble ; mais cependant il ne paraît pas qu'il y eût à cet égard des règles absolues, et l'on arborait une Bannière décorée de certains emblèmes en telle circonstance, qui n'était point la reproduction des pièces de l'écu. Les simples chevaliers ne faisaient porter que le pennon, ce qui n'empêchait pas les seigneurs bannerets d'avoir aussi leur pennon.

Dès le xie siècle, les Bannières à queue étaient certainement adoptées. Outre la Bannière figurée sur la célèbre tapisserie de Bayeux, sur l'un des chapiteaux de la nef de l'église de Vézelay est représenté un ange qui porte une Bannière composée d'un morceau d'étoffe quadrangulaire maintenu par des attaches à la hampe et terminé par quatre queues arrondies.

Pendant les xiie et xiiie siècles, cet usage persista. Mais on voit aussi parfois, vers le milieu du xiiie siècle, des bannières rectangulaires sans queue, composées d'un morceau d'étoffe oblongue dont le grand côté est cloué à la hampe. Cette dernière forme donnée aux Bannières armoriées persiste jusques au commencement du xive siècle. On ne la voit guère employée à dater du milieu de ce siècle, et alors on revient aux Bannières carrées, correctement armoriées. C'était le commencement de la période de l'emploi du blason sur les cottes d'armes, les écus, les bannières et pennons, et même sur les vêtements civils de la noblesse.

À la bataille de Poitiers, la Bannière du prince de Galles, portée par un de ses chevaliers, était carrée et écartelée aux 1 et 4 de France ; aux 2 et 3 d'Angleterre, ainsi qu'elle est peinte dans le manuscrit des Chroniques de Froissart, conservé à la Bibliothèque nationale. Une autre vignette du même manuscrit nous montre une Bannière anglaise à deux longues queues, d'étoffe rouge, sur laquelle est brodé en or un Saint-Georges terrassant le monstre.

Jeanne d'Arc, qui n'était point chevalier banneret, avait néanmoins son étendard, ce que l'on ne manqua pas de lui reprocher. « La Pucelle print son estendart ouquel estoit empainturé Dieu en sa majesté, et de l'austre costé l'image de Nostre-Dame. » Il est dit, dans le Petit Traicté par manière de croniques, sur le siège d'Orléans, que c'était le roi Charles vii qui avait fait faire l'étendard remis à la Pucelle. « Et voulut et ordonna qu'elle eust un estendart, auquel par le vouloir d'elle on feist preindre et mettre pour devise : Jhesus Maria, et un majesté. »

Il paraîtrait que Jeanne d'Arc changeait parfois d'étendard, suivant les circonstances, car plus loin dans la même chronique, il est dit qu'elle entra à Orléans armée de toutes pièces, montée sur un cheval blanc : « Et faisoit porter devant elle son estendart, qui estoit pareillement blanc, ouquel avoit deux anges tenans chacun une fleur de liz en leur main ; et au panon estoit paincte comme une Annonciation (c'est l'image de Nostre‑Dame ayant devant elle ung ange luy presentant un liz) ». Cet étendard de Jeanne d'Arc était à queue.

Le chroniqueur allemand Eberhard de Windecken, trésorier de l'empereur Sigismond, et qui recueillit des documents sur la Pucelle, s'exprime ainsi au sujet de son étendard : « La jeune fille marchait avec une Bannière qui était faite de soie blanche, et sur laquelle était peint Notre-Seigneur Dieu, assis sur l'arc-en-ciel, montrant ses plaies et ayant de chaque côté un ange qui tenait un lis à la main. » (Viollet-le-Duc).

M. l'abbé Pie, correspondant du Comité historique des Arts et Monuments de la France, écrivait ceci en juin 1844 : « M. Didron, pages 203 et 204 de l'Iconographie chrétienne, parlant des attributs caractéristiques du Père éternel, regrette que l'archéologie ne puisse refaire l'étendard de Jeanne d'Arc d'une façon certaine, ni affirmer si la figure tenant le monde dans ses mains était celle du Père ou du Fils. M. Didron incline à croire que c'est celle du Père. Un examen attentif des diverses dépositions relatives à cet étendard ne me permet pas de douter que ce ne soit la représentation du fils du Dieu incarné, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Jeanne d'Arc dit successivement :

  1. Que sur son étendard était peint Notre-Seigneur, qui y était figuré tenant le monde. (Interrog. du samedi 17 mars).
  2. Que ses saintes lui avaient dit de faire mettre sur cet étendard le Roy du Ciel. (Interrog. du 10 mars).
  3. Que les noms Jhésus Maria étaient écrits sur le côté de l'étendard. (Interrog. du 27 février.)

Or,

  1. dans le langage ordinaire, par Notre-Seigneur, on entend le Dieu fait homme, et, en particulier, quand on demande ailleurs à Jeanne d'Arc quel est son Seigneur, elle répond que c'est Jésus-Christ.
  2. Par le Roy du Ciel tenant en main le globe du monde, il faut entendre le Dieu incarné et ressuscité glorieux et triomphant. Jeanne d'Arc dit à Charles vii qu'il sera lieutenant du Roy des cieux qui est Roy de France, et elle écrit au duc de Bourgogne que tous ceux qui guerroyent contre le Sainct Royaume de France, guerroyent contre le Roy Jhésus, Roi du ciel et de tout le monde. Ces diverses paroles, rapprochées l'une de l'autre, établissent que la figure de l'étendard était celle de Jésus-Christ.
  3. Il est fort vraisemblable que le nom de Jhésus se rapportait à la figure divine portant le monde et placée entre deux anges tenant des fleurs de lis ; de même que le nom Maria se rapportait à la figure placée primitivement sur le panon ou guidon flottant, ou quelle estait paincte une annonciation, savoir l'image de Notre-Dame ayant devant elle un ange lui présentant un lys. Le journal du siège parle seul de cette image de la Vierge peinte sur le panon, attendu que le dit panon se trouve en partie brûlé le jour même de l'entrée de Jeanne d'Arc à Orléans. Cette figure de Marie n'ayant pas été remplacée, on conçoit que tous ceux qui ont parlé plus tard de l'étendard, l'aient omise dans leur description.


« Outre les dépositions de Jeanne d'Arc concernant son étendard, nous avons le témoignage de son chapelain et confesseur, frère Pasquerel, qui dit que Notre-Seigneur y était représenté « assis sur son tribunal dans les nuées du ciel ». Or, c'est du fils de Dieu ressuscité qu'il est dit qu'il doive paraître dans les nuées et juger les hommes sur son tribunal.

Aussi l'historien le plus scrupuleux de Jeanne d'Arc, M. Le Brun de Charmettes, qui a pesé la portée de chacun des mots et comparé les diverses dépositions, n'a pas hésité à voir dans la figure portant le monde, celle de Jésus-Christ, puisqu'il l'appelle le Sauveur des hommes, dénomination justifiée d'ailleurs par le contexte de frère Pasquerel.

« La théologie, du reste, est d'accord avec l'histoire pour faire conclure ici en faveur du fils de Dieu incarné et ressuscité. Car la royauté temporelle de Jésus-Christ est un point établi par tous les théologiens sur l'autorité des Saintes-Écritures et de la tradition ».

Les raisons données par M. l'abbé Pie, pour démontrer que Jésus et non pas Dieu le Père était figuré sur l'étendard de Jeanne d'Arc, paraissent convaincantes. Ce résultat peut avoir de l'importance pour les peintres et les sculpteurs appelés à représenter Jeanne d'Arc et des scènes où l'héroïne figure. (Bulletin archéologique, publié par le Comité historique des Arts et Monuments, t. iii, Paris, 1844 et 1845, p. 237).

Porter Bannière. — La Coutume de Poitou dit, en son article Premier. « Et peut (le seigneur, comte, vicomte ou baron) en guerre ou en armoirie, porter ses armes en quarré, ce que ne peut faire le seigneur châtelain lequel seulement les peut porter en forme d'écusson. Anciennement, l'enseigne du chevalier bachelier était appelée Pennon ou Pennonceau, et cette enseigne avait des queues ; lorsque le chevalier Banneret levait Bannière et devenait Banneret, on coupait les queues du pennon, qui par ce moyen devenait carré et qui était appelé ensuite Bannière, et ainsi porter ses armes en carré, en guerre et en armoirie était beaucoup plus que de les porter à queue ou en forme d'écusson.) (François RAGUEAU. — Glossaire du Droit français, réimprimé à Niort en 1882, in-4°).

d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901

 

BANNIÈRE. La Bannière est le signe distinctif du banneret, cet étendard est de forme carrée, généralement en étoffe de laine et le plus souvent orné des couleurs ou des armoiries de celui qui avait le droit de la lever. Il est bon de ne pas confondre la Bannière avec le pennon, celui-ci se termine en pointe, et appartenait aux chevaliers ou écuyers.

d'après l'Alphabet et figures de tous les termes du blason
L.-A. Duhoux d'Argicourt — Paris, 1899

BANNIÈRE, Voyez Écu en bannière.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816 — Télécharger

 

 

 

 

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