Barbiers. — Les barbiers ou barbiers-chirurgiens, formaient à Paris une corporation importante dès le xiiie siècle. Leurs anciens statuts ne se sont pas conservés, mais ils furent renouvelés en 1362, et confirmés par lettres patentes de 1371. La corporation était placée sous la direction du premier barbier, valet de chambre du roi ; on n'y entrait qu'après examen ; la corporation avait le droit d'exclure les indignes. Les barbiers ne pouvaient exercer leur métier à certaines fêtes, si ce n'est pour purger et saigner. En cas de désobéissance de la part d'un membre de la corporation, le maître pouvait requérir l'assistance des sergents du prévôt de Paris. Dans leurs procès, les chirurgiens-barbiers devaient être assistés par le procureur du roi. En 1301, les barbiers, au nombre de vingt-six, approuvèrent un acte qui les rendait responsables sur leurs corps et leurs biens de la capacité de tous ceux qui cumulaient les fonctions de barbiers et de chirurgiens. Enfin, un barbier-chirurgien ne devait soigner un blessé qu'en cas de nécessité. Une ordonnance du mois de juillet 1304, défendait aux notaires d'exercer le métier de barbier (Ordonnances des rois de France, t. i, p. 417).
Les statuts des barbiers-chirurgiens furent confirmés par plusieurs rois et appliqués aux corporations de barbiers qui se formèrent dans la plupart des villes. Quelques statuts particuliers prescrivaient aux barbiers de ne saigner qu'en bonne lune. À Carcassone, la corporation avait une bannière où l'on voyait l'image de sainte Catherine dans une roue de rasoirs.
Plus d'une fois le collège des chirurgiens réclama contre les usurpations des barbiers, qui ne voulaient pas se borner à saigner, à purger et à panser quelques blessures. Une ordonnance du prévôt de Paris, en 1596, confirmée par un arrêt du parlement (26 juillet 1603), enjoignit aux barbiers de se renfermer dans l'exercice de leur métier. On leur défendit de changer le nom de barbiers-chirurgiens en celui de chirurgiens-barbiers. Cette corporation a existé jusqu'en 1789.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899