Béghards. — Il s'établit, aux xiie et xiiie siècles, dans le nord de la France et en Belgique, des associations d'hommes et de femmes, qui, sans faire de voeux, se réunissaient pour prier. La première association de cette nature fut établie à Liège, en 1173, par Lambert Begg. Les hommes qui la composaient reçurent, de leur fondateur, le nom de béghards ; les femmes celui de béguines, et la maison où ils se réunissaient fut appelée béguinage. Les hommes travaillaient, les femmes instruisaient les enfants, soignaient les malades et les pauvres. On accusait les béghards et les béguines d'aspirer, comme tous les mystiques, à une perfection impossible, et de dédaigner les actes pour ne s'occuper que de l'esprit. Cependant les béguines étaient en grande réputation de sainteté au xiiie siècle ; saint Louis les appela à Paris où leur communauté compta bientôt plus de quatre cents personnes, d'après le témoignage de Geoffroy de Beaulieu, confesseur de saint Loius. Enfin le roi Philippe iii envoya consulter la béguine de Nivelle avant de prononcer sur la culpabilité ou l'innocence de la reine sa femme. Le concile de Vienne condamna les béghards et béguines en 1311. Mais les béguinages ne firent entièrement supprimés que vers la fin du xve siècle.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899