Bilan. — Les marchands de Lyon appelaient, au xvie siècle et au commencement du xviie, bilan des acceptations, un petit livre où ils écrivaient toutes les lettres de change tirées sur eux. Ils marquaient leur acceptation en mettant une croix à côté de la lettre qu'ils avaient enregistrée sur leur bilan. Quand ils voulaient délibérer sur l'acceptation, ils traçaient sur leur livret un V qui signifiait vue. Enfin, s'ils refusaient la traite, ils écrivaient les lettres S. P. qui voulaient dire sous protêt. Mais, depuis l'ordonnance de 1667, il ne se fit plus d'acceptation de traite que par écrit. En général, le mot bilan, qui est tiré du latin bilanx, indique une balance établie entre les gains et les pertes, entre l'actif et le passif. Oh appelle encore bilan la clôture de l'inventaire d'un marchand. Lorsqu'un marchand fait faillite, il doit présenter à ses créanciers un bilan qui contienne l'état exact de son passif et de son actif avant d'obtenir un concordat. De là l'expression de déposer son bilan prise comme synonyme de faire faillite.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899