Bonnet. — Le bonnet était le signe de la maîtrise et du doctorat dans les universités, « Tellement, dit Pasquier (Recherches, IV, 9), que quand on dit : il a pris le bonnet, c'est autant comme si l'on disait il est passé maître. Chose que nous avons empruntée des Romains, lesquels, entre autres manières d'affranchir leurs esclaves, en avaient une particulière qui était de leur donner le bonnet. Ainsi l'apprenons-nous de Sénèque au sixième livre de ses épîtres, ou parlant de plusieurs bons et recommandables services que les maîtres avaient reçus de leurs esclaves, après avoir haut loué leur fidélité : Dicet aliquis, ajoute-t-il, me vocare ad pileum servos (on dira peut-être que j'appelle les esclaves au bonnet, c'est-à-dire à l'affranchissement). Or l'écolier, à qui l'on bailloit le bonnet aux grandes écoles, avoit acquis toute liberté et n'étoit plus sujet à la verge des maîtres, qui étoit une espèce de servitude, par laquelle on dépendoit en tout et par tout de leur volonté. »
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899