Buvette. — Des buvettes ou buffets existaient sous l'ancienne monarchie, dans les parlements et autres tribunaux. Les buvettes étaient nécessaires à une époque où les juges se réunissaient de grand matin, et siégeaient souvent jusqu'à midi sans désemparer. Un arrêté du mois de février 1524, rendu par la chambre des enquêtes du parlement de Paris, décida que dorénavant, pour les chambres des enquêtes, il y aurait du pain et du vin comme pour la Tournelle et la
grand' chambre. Dans la suite les buvettes donnèrent lieu à des abus et provoquérent des épigrammes, telles que celle-ci :
Thémis inspire à la buvette
Aux magistrats la plus droite équité ;
A l'audience on vous répète
Plus d'un arrêt que Bacchus a dicté.
On appelait buvetier celui qui tenait la buvette. Racine a dit :
Elle eût du buvetier emporté les serviettes,
Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes.
La révolution emporta les buvettes avec les parlements ; mais elles reparurent avec les assemblées législatives.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899