Cadets. — Le système féodal, en proclamant le droit d'aînesse, condamnait les cadets à une infériorité qui se marquait dans les armoiries et surtout dans le partage des terres. En Bretagne, les aînés obligeaient les cadets à prendre le nom des terres qu'ils leur laissaient et à renoncer au nom de famille (D. Morice, Histoire de Bretagne, préface, x). Les armoiries des cadets devaient aussi porter des traces de leur infériorité. Mme de Sévigné rappelle en plaisantant à son cousin Bussy-Rabutin qu'il n'est que de la branche cadette des Rabutin et le menace de le réduire au lambel, c'est-à-dire à la brisure qui caractérisait les armes des puînés. Enfin, pendant longtemps, les cadets faisaient hommage à leurs aînés pour les terres qu'ils en avaient reçues en fief ; ils ne relevaient plus du seigneur dominant qu'en arrière-fief. Philippe Auguste abolit cette coutume qui favorisait le morcellement des fiefs, et, dans une pensée d'unité monarchique, exigea que les cadets relevassent immédiatement du seigneur suzerain. On nommait légitime la portion assez mince qui, dans la succession paternelle, était réservée aux cadets.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
CADETS DES MAISONS
NOBLES. Les Cadets ou
puînés
des maisons nobles doivent
briser leurs armoiries ; l'art. V de l'édit
du roi du 8 décembre 1699, concernant la
noblesse de Flandres, de Hainaut et d'Artois, ordonne aux
Cadets des maisons, de porter
des brisures dans leurs armoiries, sous peine de 50 florins d'amende.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816