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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Canonniers

Au Blason des Armoiries
 

Canonniers. — Nous avons parlé ailleurs (voy. Armes) de l'invention des armes à feu. Les compagnies spéciales de canonniers ne datent que du ministère de Louvois. Dans l'origine, le soin de veiller sur l'artillerie était confié à des troupes étrangères, d'abord aux Suisses, et plus tard aux lansquenets. Ces derniers en avaient la garde à la bataille de Marignan (1515). Il est question, sous Louis xiii, en 1621, d'un commissaire de l'artillerie qui portait le titre de colonel des pionniers. Mais le premier régiment français, chargé du service spécial de l'artillerie, fut celui des fusiliers organisé en 1671. Il tirait son nom de ce que les soldats étaient armés de fusils et de baïonnettes, tandis que les autres corps d'infanterie n'avaient que des mousquets. Il se composait primitivement de quatre compagnies chacune de cent hommes, que l'on tira des autres régiments. L'une de ces compagnies était celle des canonniers, la seconde celle des sapeurs pour les tranchées, la troisième et la quatrième se composaient de charpentiers et autres ouvriers qui servaient de pontonniers. En 1672, peu de temps avant la guerre de Hollande, le régiment des fusiliers fut augmenté de vingt-deux compagnies. Il subit dans les années suivantes plusieurs modifications exposées en détail par le père Daniel, dans son Histoire de la milice française, et trop peu importantes pour être retracées dans un résumé. En 1693, Louis xiv donna au régiment des fusiliers le nom de royal-artillerie. En 1702, ce prince organisa une compagnie de canonniers gardes-côtes de l'Océan ; elle se composait de deux cents hommes sans compter les officiers.

En 1755 (8 décembre), le régiment de royal-artillerie fut réuni à celui des mineurs, des sapeurs et des pontonniers sous le nom de corps royal de l'artillerie et du génie. Ils furent de nouveau séparés en 1758 (5 mai). Le régiment d'artillerie conserva depuis cette époque le nom de corps d'artillerie, et subsista jusqu'à la révolution. En 1784, un nouveau corps d'artillerie fut organisé sous le nom de corps royal de l'artillerie des colonies. En 1791, les régiments de toutes les armes ne furent plus désignés que par leurs numéros d'ordre. Pendant la révolution et l'empire, l'artillerie reçut un grand développement. Les bataillons du train d'artillerie furent créés sous le consulat, en 1800. En 1814, le service de l'artillerie employait plus de cent mille hommes. Aujourd'hui, l'armée compte quatorze régiments d'artillerie, un bataillon de pontonniers, douze compagnies d'ouvriers d'artillerie, et six escadrons du train des parcs d'artillerie. Il y a dans chaque régiment d'artillerie des artificiers qui chargent les bombes, les obus, préparent des fusées incendiaires, des boulets à éclairer, des fusées de signaux, etc. Chaque régiment a un chef artificier, et chaque batterie six artificiers.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

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