Carrousels. — Courses de seigneurs richement vêtus et équipés à la manière des anciens chevaliers. Les carrousels étaient en grand honneur au xviie siècle. On en célébra un, en 1612, à l'occasion du mariage de Louis xiii et d'Anne d'Autriche On construisit à la place Royale un temple de la Félicité, avec des inscriptions à la louange du roi, de la nouvelle reine et de la reine régente. En 1663 Louis xiv célébra un carrousel sur la place qui en a conservé jusqu'à nos jours le nom de place du Carrousel. Voici ce que dit de ce carrousel Mme de Motteville (Mémoires, éd. Petitot, 2e série, t. xl, p. 167) : « Il était composé de cinq quadrilles qui représentaient cinq nations : la romaine, la persane, la turque, l'indienne et l'américaine. Le roi était chef de la première. Monsieur de la seconde, M. le Prince de la troisième, M. le duc d'Enghien de la quatrième, M. le duc de Guise de la cinquième. Le comte de Sault, fils du duc de Lesdiguières, eut l'honneur d'emporter le prix de la course de bague, qui fut suivi de l'applaudissement des spectateurs et du plaisir qu'il eut de recevoir un diamant d'un prix considérable de la main de la reine mère, qui était sur un échafaud qui avait été élevé près de ce palais. » (Voy. Bague). Le carrousel se composait de plusieurs exercices. Les seigneurs qui composaient les différentes troupes ou quadrilles, couraient la bague, rompaient des lances et faisaient exécuter à leurs chevaux des courses et des manoeuvres qui prouvaient leur adresse. Ces jeux cessèrent d'être en vogue après le règne de Louis xiv.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899