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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Catholicisme

Au Blason des Armoiries
 

Catholicisme. — Le catholicisme domine en France depuis le ive siècle et y a exercé une influence immense. La retracer en détail ce serait raconter l'histoire de France tout entière. Je dois me borner ici à quelques mots sur l'introduction du catholicisme en France et sur le rôle qu'il a joué dès les premiers temps. Ce fut au iie siècle après Jésus-Christ, vers 177, que la religion chrétienne commença à pénétrer en Gaule. À cette époque se placent les premiers martyrs ou témoins de la foi dans les Gaules. Saint Pothin, disciple des premiers chrétiens, vint prêcher à Lyon la bonne nouvelle et fut martyrisé avec quarante-six de ses compagnons. Saint Irénée, qui fut successivement évêque de Vienne et archevêque de Lyon, succéda à saint Pothin ; on a de lui un traité sur l'Unité de l'Église ; en 202, il fut martyrisé avec neuf mille chrétiens de tout âge et de tout sexe. Le sang de ces martyrs fut une semence de chrétiens. Un demi-siècle après saint Irénée, il y avait des sièges épiscopaux établis à Tours, Arles, Narbonne, Toulouse, Paris, Clermont-Ferrand et Limoges (vers 250 après Jésus-Christ). Au siècle suivant, il y eut en Gaule autant de siégea archiépiscopaux que de provinces. Les métropoles ecclésiastiques au nombre de dix-sept furent établies dans les capitales des provinces (voy. Diocèses). L'archevêque d'Arles fut reconnu pour primat des Gaules (417 après Jésus-Christ). L'Église gallicane tout entière resta soumise a l'Église romaine, centre de toute la hiérarchie ecclésiastique.

Aux ive et ve siècles, l'Église des Gaules, fut troublée par les hérésies des Priscilliens, des Pélagiens, des semi-Pélagiens et des Ariens (voy. Hérésies) ; mais elle trouva des docteurs illustres dans plusieurs de ses enfants. Saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise, saint Paulin, saint Prosper d'Aquitaine, tiennent un rang glorieux parmi les Pères du ive siècle. L'hérésie trouva un appui dans les Goths et les Bourguignons ; mais les Francs se firent les alliés de l'Église catholique, et à l'exemple de leur roi Clovis, se convertirent au catholicisme vers la fin du ve siècle. Clovis marcha dès lors de victoire en victoire. Ses successeurs suivirent son exemple, comblèrent l'Église de biens et portèrent le catholicisme en Germanie en même temps qu'ils soutenaient la papauté et fondaient la puissance temporelle de l'Église. De son côté, la religion catholique adoucissait les moeurs farouches des Francs, réconciliait les conquérants et les peuples conquis au pied des autels, ouvrait dans les églises un asile aux opprimés et préparait l'abolition de l'esclavage. L'alliance étroite de la puissance spirituelle et du pouvoir temporel fut une des causes de la grandeur de Charlemagne. La religion menacée par la féodalité qui envahissait les dignités ecclésiastiques et introduisait dans le sanctuaire des moeurs grossières, opposa la réforme de Grégoire vii qui donna au clergé plus d'unité, de science et de vertu. Elle triompha aux xiie et xiiie siècles des Cathares, des Albigeois et des Vaudois ; aux xive et xve siècles, du grand schisme d'Occident ; aux xvie et xviie siècles, du protestantisme ; et aux xviiie et xixe siècles, des attaques sceptiques et des crises révolutionnaires. Si l'on employa, en son nom, la violence et la cruauté, il ne faut pas oublier que la religion les a toujours condamnées, et qu'au ive siècle, saint Martin, un des plus illustres évêques des Gaules, rejetait de sa communion des évêques qui avaient fait périr des hérétiques. L'Église de France a toujours été nationale en même temps que catholique, Bossuet est le prélat qui exprime le mieux ce double caractère. Voy. pour les détails : Abbayes, Cardinaux, Chanoines, Clergé, Conciles, Esclavage, Évêques, Hérésies, Libertés de l'Église gallicane, Protestants, Religieux, Rites ecclésiastiques.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

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