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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Ceinture

Au Blason des Armoiries
 

Ceinture. — La ceinture était une partie importante du vêtement au moyen âge. On l'ornait d'or, d'argent, de perles et de pierres précieuses. Les ceintures étaient quelquefois chargées de broderies, et M. Douët-d'Arcq (Comptes de l'argenterie des rois de France) cite un inventaire du temps de Charles vi, où il est question d'une ceinture sur laquelle on avait brodé l'évangile de saint Jean. Les ceintures de femmes tombaient jusqu'au bas de la robe. Le même auteur donne l'extrait suivant d'un inventaire du règne de Charles vi : « Une ceinture longue, à femme toute d'or, à charnières, garnie de perles, saphirs, émeraudes, rubis, etc. »

La ceinture était un symbole d'union et de dignité. Lorsqu'une veuve renonçait à la succession de son mari, elle déposait sur son cercueil sa ceinture avec sa bourse et ses clefs. C'est ce que fit Marguerite, femme de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, mort en 1467. Monstrelet, qui rapporte ce fait, dit encore que Bonne, veuve de Waleran, comte de Saint-Paul, renonçant aux dettes de son mari, déposa sur son cercueil sa ceinture et sa bourse.

L'arrêt rendu contre Jacques Coeur, argentier de Charles vii (25 mai 1453), portait qu'il ferait amende honorable sans chaperon ni ceinture. « Il est fait mention expresse, dit Pasquier (Recherches, iv, 10), de la ceinture avec la chaperon, l'un représentant l'honneur qui gisoit au chaperon, l'autre les biens qui gisoient en la ceinture, comme si on eut voulu indiquer que par la perte de sa ceinture il perdait aussi tous ses biens. Mais d'où vient cet ancien usage ? Mon opinion est que cela vient de ce que nos ancêtres avoient accoutumé de porter en leurs ceintures tous les principaux outils de leurs biens. L'homme de robe longue, son écritoire, son couteau, sa gibecière, ses clefs, l'écritoire pour gagner sa vie, le couteau pour vivre, la gibecière pour retirer ses deniers, les clefs qui ouvroient ou fermoient sa maison et ses coffres. Le semblable faisoit le marchand, et le gendarme son épée et son escarcelle ; tellement que si de notre ceinture dépendoient tous les instruments qui servent à vivre, il ne faut point trouver étrange que l'on estimât l'abandonnement de la ceinture, représenter aussi l'abandonnement de nos biens. »

Un arrêt du parlement de l'année 1420 défendait aux prostituées de porter ceinture dorée ; mais elles éludèrent ce règlement. De là le proverbe : bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.

Il existait à Paris un droit ancien, qu'on appelait la ceinture de la reine, et qui se levait de trois ans en trois ans. Il était primitivement de trois deniers pour chaque muid de vin, et était destiné à l'entretien de la maison de la reine. Il fut dans la suite étendu à d'autres denrées. Les registres de la chambre des comptes de 1339 le désignaient sous le nom de taille du pain et du vin.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

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