Céroplastique. — Art de modeler en cire. On a employé la céroplastique, tantôt à reproduire les traits du visage, tantôt à modeler les diverses parties du corps de l'homme ou des animaux, pour les études d'histoire naturelle. « Au moyen âge, dit Millin, les figures des saints étaient en cire. On se servait aussi de cire pour faire des images qui ressemblaient à l'être que l'on voulait tourmenter. On torturait cette image, on la faisait fondre à un feu doux. Cette espèce de maléfice s'appelait envoûtement. Le premier qui dans les derniers siècles a essayé d'imiter en cire les visages des personnes mortes ou vivantes, parait avoir été Andrea del Verrochio, maître d'Andrea da Vinci, qui vivait au milieu du xve siècle. La première idée de faire des préparations anatomiques en cire, est due vraisemblablement à Cajetano-Julio-Zumbo, né a Syracuse en 1656. Une étude approfondie du beau et de l'anatomie le mit en état de faire à Bologne, à Florence, a Gênes et à Marseille, des ouvrages qui peuvent passer pour des chefs-d'oeuvre. La France a eu également plusieurs artistes qui se sont occupés de faire des préparations anatomiques. Mlle Biheron y travailla avec succès au xviiie siècle. Vicq d'Azyr fit, en 1777, un rapport avantageux à l'Académie des sciences sur ses préparations. Pinson, Bertrand, Laumomer, Sulzer, firent faire des progrès à la céroplastique. Curtius, et plusieurs autres, ont appliqué cet art à la représentation de personnages célèbres ou fameux qu'ils font voir dans les foires. » De puis l'époque où Millin publiait son Dictionnaire des Beaux-Arts (1806), la céroplastique appliquée à l'anatomie a fait des progrès. Le musée Dupuytren, à Paris, présente les préparations anatomiques les plus remarquables.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899