CHAMPART. — Droit seigneurial, dont le nom vient des mots latins campi pars, part du champ, part de la récolte. « Sous l'empire des lois féodales, dit M. Guérard, le cultivateur ne pouvait enlever sa récolte qu'après le prélèvement d'abord de la part de Dieu, c'est-à-dire de la dîme, et ensuite de la part du seigneur, qu'on appelait champart. Cette redevance seigneuriale se payait en nature, et sur le champ même ; elle tenait quelquefois lieu de cens. » (Voy. Cens). La quotité du champart variait selon les localités. Il était dans certains pays du quart ou du cinquième de la récolte, et on rappelait pour ce motif droit de quatre ou de cinquain ; ailleurs on l'appelait droit de vingtain, parce qu'il était d'une gerbe sur vingt. On trouve encore le droit de champart désigné dans les anciennes chartes par les noms d'agrier, de terrage, de cinquain, etc. Le champart fut dans la suite un des droits domaniaux de la couronne.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
CHAMPART, subst. masc., droit que
les seigneurs de fief avaient de prendre sur le champ, une certaine
partie des blés
ou fruits sur les terres qui étaient en leur censive,
avant que ceux qui tenaient ces terres en Champart enlevassent
ce qui en devait rester pour eux.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816