CHEF-CENS, subst.
masc. C'était le premier
et principal cens imposé par
le seigneur direct et censier de l'héritage, lors de la
première concession qu'il en a faite, et
qui se payait en signe et reconnaissance de la directe seigneurie.
On l'appelle Chef-cens, quasicapitalis
census,
pour le distinguer du surcens et des rentes seigneuriales qui
ont été imposées en sus du cens, soit lors
de la même concession ou dans une nouvelle concession,
lorsque l'héritage est rentré dans la main du seigneur.
Le Chef-cens comportait
lods et ventes ; au lieu que le surcens ni les rentes seigneuriales
n'emportaient point lods et ventes, lorsqu'il était
dû un
Chef-cens, la directe seigneurie
de l'héritage étant, en ce cas, attachée
particulièrement au Chef-cens.
La coutume de Paris, art. 357, en parlant du
premier cens, l'appelle
Chef-cens, et dit que pour tel
cens il n'était besoin
de s'opposer au décret ; et la raison est que, comme
il n'y a point de terre sans seigneur, on n'était
point présumé ignorer
que l'héritage devait être chargé du
cens ordinaire, qui est le Chef-cens.
Dans tous les anciens titres et praticiens,
le cens ordinaire n'est pas nommé autrement que
Chef-cens, Capitalis
census. Il est dit dans un titre de l'évêché de
Paris, de l'an 1306, chart.
2, fol. 99 et 100, sub
retentione omnis capitalis census. La charte d'Enguerand
de Coucy, sur la paix de la Fère, de l'an 1027,
dit :
De fundo terrae et capitali.
Dans plusieurs chartulaires on trouve
chevage pour Chef-cens ;
et à la fin des coutumes de Montdidier,
Roye et Péronne, on trouve aussi quevage,
qui signifie la même
chose ; ce qui vient de quief ou kief,
qui, en idiôme picard,
signifiait seigneur censier.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816 — Télécharger