AU BLASON DES ARMOIRIES Vous êtes ici :Au Blason des Armoiries : blason, héraldique, noblesse, féodalité, ordres de chevalerieBlason des Armoiries » Institutions » Cheval  |   NouveautésRSS - Contact
Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries

 

 

Cheval

Au Blason des Armoiries
 

Cheval. — Le cheval était en haute estime chez les Gaulois. Lorsqu'un guerrier mourait, on immolait son cheval sur sa tombe, pour qu'il l'accompagnât dans l'autre monde. Le hennissement du cheval était considéré comme un présage par ce peuple. La chevalerie donna une nouvelle importance au cheval. Il suffirait pour le prouver de voir combien de corporations travaillaient à son équipement : bourreliers, chapuisiers, lormiers, selliers, etc. La redevance du roussin ou roncin de service (voy. Roncin) était imposée à plusieurs vassaux ; c'était le cheval commun laissé le plus souvent aux paysans. Le chevalier se servait du destrier ou du palefroi, que l'on ornait de caparaçons brillants, portant les armes du seigneur qui flottaient au vent. Souvent le caparaçon était garni de petites cloches que l'on appelait campanelles, dont les sons animaient le cheval dans sa course. Les chevaliers sont fréquemment représentés sur les sceaux montés sur des chevaux ainsi caparaçonnés et chargés de blasons. Le destrier était surtout le cheval de bataille ; le palefroi, le cheval de parade. Le cheval de bataille était, comme le seigneur, chargé d'une pesante armure de fer qui lui couvrait la tête et la croupe. Le chamfrein ou chanfrein qui protégeait sa tête était quelquefois hérissé de pointes de fer. On appelait flançois les plaques de fer qui lui couvraient les flancs. Museler le cheval, lui couper la queue ou lui fendre l'oreille était un affront à l'honneur du chevalier.

Dans les siècles de chevalerie, on considérait la cavale comme une monture dérogeante, affectée aux roturiers et aux chevaliers dégradés. « À celui temps, dit un des romanciers du xive siècle, un chevalier ne pouvoit avoir plus grand blâme que de monter sur une jument ; on ne pouvoit plus déshonorer un chevalier que de le faire chevaucher une jument pour le blâme, et tenoit-on depuis que c'étoit chevalier recru et de nulle valeur ; aucun chevalier qui aimât son honneur ne joutoit avec lui ni le frappoit d'épée non plus que un fol tondu. » (L. S. P.) Le cheval blanc était réservé au roi comme marque de souveraineté. Dans toutes les fêtes et pompes solennelles, on conduisait à la main un cheval richement caparaçonné ; c'était ordinairement le cheval de bataille du seigneur ou du roi. Les haquenées étaient la monture ordinaire des dames. Les seigneurs et même les magistrats s'en servaient au xvie siècle dans les villes et à la campagne.

Il y eut des aides établies par les rois pour l'entretien des chevaux de bataille. Une lettre de Philippe le Bel au bailli d'Orléans, en date du 20 janvier 1303, ordonnait à tous ceux qui avaient cinq cents livres de revenu, en bien-fonds, de fournir un gentilhomme bien armé et bien monté d'un cheval de cinquante livres tournois bardé de fer. Dans les tournois et carrousels, les chevaux étaient magnifiquement harnachés. La Colombière décrit ainsi celui que montait le sire de Sourdéac, au carrousel de la place Royale, qui eut lieu en 1612 : « Il était harnaché de bandes de Milan en broderies, les houppes et cordons de soie noire, les rênes, la selle et les étrivières de même, le mords doré, les houssettes d'orfèvrerie, de diamants, et un bouquet d'aigrettes blanches ; à son col, une collerette de velours noir, large de six pouces, couverte de pierreries, au bas de laquelle pendait une pomme d'or faite en olive, enrichie à la turque d'orfèvrerie, de perles, de rubis, d'émeraudes et de diamants, qui servaient de noeud à une queue blanche de cheval marin pendante jusqu'aux pieds. » Le même auteur parle ensuite « de trente chevaux couverts chacun d'un caparaçon de satin fait à bandes, incarnat, blanc et noir, enrichies de broderies d'argent, de frisons et de cordons, de feuilles et de fleurs de lis, avec de grands panaches blancs sur la tête et sur la croupe, menés en main par autant d'estafiers ayant le pourpoint de toile d'argent, le haut-de-chausses de velours par bandes de la même livrée, et le chapeau de velours noir, chamarré de passements d'argent et de soie incarnat ; ils étaient suivis de l'écuyer et de deux pages du maréchal de camp. »

Cette race de grands et forts destriers fut pendant longtemps une des richesses de la France. Plusieurs provinces et surtout la Normandie fournissaient ces vigoureux chevaux capables de supporter le poids des armures de fer. On connaissait, même avant les croisades, les chevaux arabes, et on les avait en grande estime. Guillaume le Conquérant montait un cheval arabe à la bataille d'Hastings (1066). Ce ne fut qu'au xviie siècle, vers 1608, que les chevaux anglais commencèrent à être de mode en France, surtout pour la chasse (Mém. de Bassompierre). Louis xiv s'efforça d'assurer la supériorité des races françaises par rétablissement des haras royaux. D'après son ordonnance, des étalons devaient être entretenus dans chaque canton. Les haras supprimés par l'Assemblée constituante, furent rétablis en principe par la Convention (1795), en fait par Napoléon (4 juillet 1806). Ainsi le haras de Pompadour (Corrèze), créé en 1765 par le duc de Choiseul, et celui du Pin (Orne), établi en 1714, furent réorganisés. Louis xviii y ajouta, en 1815, le haras de Rosières (Meurthe). Un grand nombre de villes et de sociétés ont, depuis quelques années, fondé des prix pour le perfectionnement de l'espèce chevaline. Paris, Caen, Angers, Rouen, Aurillac, Nancy, Saint-Brieuc, Limoges, Bordeaux, Pompadour, etc., ont maintenant des courses de chevaux. L'État s'est rendu acquéreur des étalons arabes que Louis-Philippe avait établis à Saint-Cloud, pour le croisement et le perfectionnement de l'espèce chevaline.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries