AU BLASON DES ARMOIRIES Vous êtes ici : Au Blason des Armoiries : blason, héraldique, noblesse, féodalité, ordres de chevalerieBlason des Armoiries » Institutions » Chevalerie (ordres de)  
Généalogie
 
 
RECHERCHES SUR LE SITE
 
Généalogie

 

Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries

 

 

Chevalerie (Ordres de)

Au Blason des Armoiries
 

Chevalerie (Ordres de). — Dans le principe, la chevalerie était complètement indépendante. Un chevalier ne relevait que de Dieu et de son épée. Mais lorsque l'indépendance féodale commença à faire place à la puissance monarchique, les rois cherchèrent à s'attacher les chevaliers en instituant des ordres, dont ils étaient les grands maîtres. Ce fut, dit-on, saint Louis qui institua le premier ordre de chevalerie royale, sous le nom d'ordre du genest. On en place l'origine en 1234, après le couronnement de Marguerite de Provence. Les chevaliers du genest portaient un manteau de damas blanc avec un chaperon violet ; leur collier consistait en une chaîne ornée alternativement d'une fleur de genêt, et d'une plaque d'or carrée, sur laquelle était une fleur de lis ; à cette chaîne était suspendue une croix d'or fleurdelisée, avec ces mots : Exaltat humiles. Cent chevaliers de l'ordre du genest furent attachés à la garde du roi. On attribue encore à saint Louis l'institution d'un ordre de chevalerie appelé ordre du navire et de la coquille de mer, ou du double croissant, que, d'après Favin, auteur du Théâtre d'honneur et de chevalerie, ce prince établit, en 1269, pour encourager les seigneurs français à faire le voyage d'outremer. Le collier de cet ordre était, dit-on, entrelacé de coquilles et de doubles croissants, avec un navire suspendu au collier. D'autres écrivains soutiennent (ce qui paraît plus vraisemblable) que saint Louis n'a établi aucun ordre de chevalerie. Je n'insisterai pas sur de prétendus ordres de chevalerie, dont parlent quelques écrivains, tels que les ordres de la sainte ampoule qu'on attribue à Clovis, du chien et du coq qu'on fait remonter à l'année 500 après J. C, de la genette institué, dit-on, par Charles Martel, de la couronne attribué à Charlemagne. Il serait puéril de s'arrêter à ces légendes. On a voulu reporter aux premiers temps de notre histoire l'institution de la chevalerie et transformer en chevaliers Clovis, Charles Martel et Charlemagne.

L'ordre de l'Étoile, que certains auteurs font remonter jusqu'à Robert le Pieux, date réellement de Jean le Bon. Ce roi l'institua en 1351 (6 novembre). Dans le principe, cet ordre était conféré aux plus grands seigneurs. Les chevaliers de l'Étoile portaient comme signe distinctif un manteau de damas blanc, sur le côté gauche duquel était brodée une étoile d'or à cinq pointes ; ils avaient de plus, pour marques de l'ordre, trois chaînes d'or entaillées de blanc et de rouge et entremêlées de roses. La devise était : monstrant regibus astra viam (les astres montrent la route aux rois), allusion à l'étoile des mages. L'ordre avait son siège à Saint-Ouen près de Paris, et les membres portaient quelquefois le nom de chevaliers de Notre-Dame de la noble maison, par allusion à cette demeure royale. L'ordre de l'Étoile ne tarda pas à s'avilir parce qu'il fut prodigué. Déjà, sous le règne de Charles v, il se conférait sans aucune cérémonie et par une simple lettre du roi ; il devint alors moins un ordre de chevalerie qu'une marque honorifique, une faveur du souverain. Charles vii donna l'étoile, signe distinctif de cet ordre, au capitaine du guet ou de la garde chargée de veiller à la sûreté de Paris. Cet officier prit alors le nom de chevalier du guet, et il communiqua les insignes de l'ordre aux archers du guet. Dès lors, l'ordre de l'Étoile cessa d'être même une distinction honorifique.

Les grands feudataires du royaume de France voulurent aussi, aux xive et xve siècles, avoir leurs ordres de chevalerie. On prétend que Bouchard iv, seigneur de Montmorency, établit un ordre du chien en 1104. Les membres portaient, dit-on, un médaillon avec une tête de chien. On ne sait rien de précis sur cet ordre bizarre, dont l'existence même est très douteuse. Louis ii, duc de Bourbon, institua, en 1363, l'ordre de l'écu d'or, puis en 1370, l'ordre du chardon. Jean iv, duc de Bretagne, fut le fondateur, en 1381, de l'ordre de l'hermine. En 1390, Enguerrand, sire de Coucy et comte de Soissons, institua l'ordre de la couronne, dont l'insigne était une couronne renversée brodée sur la manche droite de l'habit. L'ordre du camail et du porc-épic dut son origine, en 1394, à Louis duc d'Orléans, frère de Charles vi. L'ordre de Vanneau ou du fer d'or et d'argent, fondé en 1414 par Jean, duc de Bourbon, imposait aux chevaliers un serment par lequel ils juraient de s'aimer, de se défendre et de se battre à outrance pour l'amour des dames contre gens nobles provoqués à cet effet. Les chevaliers portaient à la jambe un anneau ou fer de prisonnier ; c'était le signe de leur vœu. Cet ordre ne dura pas longtemps. Le plus célèbre des ordres de chevalerie établis par les grands feudataires fut celui de la Toison d'or, qui date de 1430, et eut pour fondateur Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Mais l'extinction de la ligne masculine de la maison de Bourgogne et le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d'Autriche firent sortir la Toison d'or de France. Les autres ordres, fondés par des seigneurs féodaux, disparurent lorsque leurs domaines furent réunis à la couronne. Le dernier de ces ordres a été celui du cordon jaune, institué sous Henri iv, par le duc de Nevers. Cet ordre qui se composait de protestants et de catholiques, fut supprimé par Henri iv presque immédiatement après son institution. À partir du xviie siècle, il n'y eut plus en France que des ordres royaux. On ne peut, en effet, compter parmi les ordres de chevalerie l'ordre de la mouche à miel, qui fut établi à Sceaux, en 1713, par la duchesse du Maine, et qui servait d'amusement à la société aimable et spirituelle qui se groupait autour de cette princesse. Depuis la fin du xve siècle, la royauté, qui absorbait tous les pouvoirs, ne laissa plus subsister d'ordre militaire indépendant.

Dès 1469, Louis xi avait établi l'ordre de Saint-Michel. Le collier, signe distinctif de cet ordre, consistait en coquilles d'or entrelacées, auxquelles était suspendue une image de saint Michel avec cette devise : immensi tremor Oceani ; allusion au mont Saint-Michel, battu de tous côtes par l'Océan. Dans le principe il n'y avait que trente-six chevaliers, mais dans la suite le collier de Saint-Michel fut prodigué à tel point, qu'on l'appelait un collier à toutes bêtes. Louis xiv réforma les statuts de l'ordre de Saint-Michel en 1665 (12 janvier), fixa à cent le nombre des nouveaux chevaliers, dont six devaient être ecclésiastiques, six de robe ou magistrats, et le reste d'épée ; tous devaient faire preuve de dix ans de service et de trois degrés de noblesse.

Henri iii institua, en 1578 (31 décembre), l'ordre royal du Saint-Esprit. Comme il avait été élu roi de Pologne le jour de la Pentecôte et qu'à pareil jour il avait succédé à son frère Charles ix, il manifester par cette institution sa reconnaissance envers le Saint-Esprit. Il limita le nombre des chevaliers à cent, sans y comprendre les commandeurs ecclésiastiques et les grands officiers. Le grand collier de l'ordre était formé de fleurs de lis d'or et de chiffres d'or entrelacés de nœuds ; au collier était suspendue une croix à huit pointes au milieu de laquelle était une colombe ; de l'autre côté se voyait l'image de saint Michel terrassant le dragon. Les chevaliers du Saint-Esprit étaient en même temps reçus chevaliers de Saint-Michel, et prenaient pour ce motif le titre de chevaliers des ordres du Roi. Ordinairement les chevaliers du Saint-Esprit portaient la croix de l'ordre suspendue à un ruban de moire bleu, appelé le cordon bleu ; de là l'usage d'appeler cordon bleu un chevalier du Saint-Esprit. La fête de l'ordre était fixée au premier jour de l'an. Les chevaliers paraissaient alors en grands manteaux de velours noir, brodés tout autour de fleurs de lis et de nœuds d'or entourés de chiffres d'argent et semés de flammes d'or. Sur le côté gauche du manteau était brodée la croix d'argent à huit pointes, avec la colombe au milieu. Le grand manteau était garni d'un mantelet de toile d'argent.

En 1693, Louis xiv établit l'ordre de Saint-Louis en faveur des officiers qui se distinguaient dans les armées de terre ou de mer. La marque de cet ordre était une croix d'or, au milieu de laquelle était empreinte d'un côté l'image de saint Louis, avec cette légende : Ludovicus magnus institua anno mdcxciii ; de l'autre côté était une épée nue flamboyante, et sur la pointe une couronne de laurier avec une bandelette blanche, et cette légende : bellicæ virtutis præmium. Un officier ne pouvait être admis à cet ordre qu'après dix années de services éprouvés. Il y avait huit grand'croix qui avaient chacun six mille livres de pension ; vingt-quatre commandeurs qui en avaient les uns quatre mille, les autres trois mille ; les pensions des simples chevaliers variaient de deux mille à huit cents livres. Comme les catholiques seuls pouvaient recevoir l'ordre de Saint-Louis, Louis xv, qui avait dans ses troupes un grand nombre de protestants, institua pour eux, en 1759, l'ordre du mérite militaire. La décoration était une croix d'or à huit pointes, au milieu de laquelle était un médaillon de gueules (rouge) chargé d'une épée d'or, la pointe en haut, avec ces mots pour légende pro virtute bellica.

L'assemblée nationale abolit les ordres de chevalerie par la constitution de 1791. Elle ne conserva que l'ordre de Saint-Louis comme décoration militaire ; mais la Convention le supprima. Elle remplaça les anciennes distinctions par des armes d'honnneur. Bonaparte, premier consul, institua la décoration civile et militaire de la Légion d'honneur (19 mai 1802). Voy. Légion d'honneur. — La Restauration reconnut plusieurs des anciens ordres de chevalerie, tels que l'ordre de Saint-Michel (ordonnance du 16 novembre 1816), l'ordre du Saint-Esprit, l'ordre de Saint-Louis, et l'ordre du Mérite militaire (ordonnance du 28 septembre 1814). Ce gouvernement avait en même temps créé de nouvelles décorations, entre autres celle des Chevaliers du Lis. La révolution de 1830 les supprima, et ne reconnut parmi les anciens ordres que celui de la Légion d'honneur (ordonnance du 10 février 1831). Cependant les anciens chevaliers de Saint-Louis eurent la permission de porter la décoration de cet ordre comme récompense de services militaires. La loi des 13-16 décembre 1830, créa une décoration spéciale pour les citoyens qui s'étaient signalés dans les journées de juillet 1830. Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, a établi par un décret daté du 22 janvier 1852 une Médaille militaire destinée à récompenser les soldats qui se sont distingués.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

CHEVALERIE (ORDRES DE). Voyez Ordres de chevalerie.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

Au Blason des Armoiries

Recevoir les mises à jour :


Au Blason des Armoiries

 

Contact - Identification d'un blason

Plan du site | Mises à jour | RSS | Presse | Liens
Partenariats | Webmestres | Infos légales

Copyright © Au Blason des Armoiries Tous droits réservés – 2005-2011

Partenariats : Agir XIX - Annuaire de généalogie - Ascendance et généalogie - Charles de Flahaut- Histoire pour tous - Historia Nostra - Rois et Présidents

Devenir partenaire ?