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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Chevalerie religieuse

Au Blason des Armoiries
 

Chevalerie religieuse. — Il y eut des chevaliers qui aspirèrent à une plus grande perfection religieuse, et se consacrèrent à la défense de la terre sainte et au service des pèlerins qui visitaient le tombeau de Jésus Christ. Telle fut l'origine des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et des Templiers. Les premiers datent du commencement du xiie siècle. Un Provençal, Gérard de Martigue, fonda, vers 1110, l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui a existé sous différents noms jusqu'à la révolution française. Les Hospitaliers, chassés de la Palestine en 1291, se retirèrent successivement dans les îles de Chypre et de Rhodes. Ils s'emparèrent de cette dernière île en 1310, prirent le nom de chevaliers de Rhodes et y restèrent jusqu'en 1521. Chassés de Rhodes par Soliman le Magnifique, ils obtinrent de l'empereur Charles-Quint l'île de Malte (1530), et en tirèrent le nom de chevaliers de Malte. L'ordre comprenait des chevaliers, des chapelains et des servants. Les chapelains se divisaient en huit langues ou nations : Provence, Auvergne, France ou Paris, Italie, Aragon, Angleterre, Allemagne et Castille. La langue d'Angleterre fut supprimée en 1537, lorsque ce royaume se sépara de l'Église catholique. Le grand maître portait le titre d'éminence comme les cardinaux. Après lui, les principaux dignitaires de l'ordre étaient le grand commandeur, qui était chef ou pilier de la langue de Provence ; le maréchal, pilier de la langue d'Auvergne ; l'hospitalier, pilier de la langue de France ; l'amiral, pilier de la langue d'Italie ; le grand conservateur, pilier la langue d'Aragon ; le chancelier, pilier de la langue de Castille ; le grand bailli, pilier de la langue d'Allemagne. Chaque langue avait ses prieurés, ses bailliages, ses commanderies, dont les titulaires s'appelaient prieurs, baillis et commandeurs. Les chevaliers devaient être nobles. Ils suivaient la règle de saint Augustin et étaient astreints au célibat. En temps de paix, ils portaient sur un manteau noir une croix d'or à huit pointes et sur la poitrine une croix d'or. En guerre, ils mettaient sur leur armure une grande croix blanche. Les armes de l'ordre étaient de gueules (rouge) à la croix d'argent. L'assemblée constituante s'empara des biens de l'ordre de Malte par un décret du mois de novembre 1789 et les déclara propriétés nationales. L'ordre lui-même fut supprimé en France ainsi que les autres congrégations religieuses par les lois du 13 février 1790 et du 18 août 1792.

Les Templiers dataient à peu près du même temps que les Hospitaliers. Un chevalier français, nommé Hugues de Payens, fonda, en 1118, cet ordre de moines guerriers. Établis près de l'emplacement présumé de l'ancien temple de Jérusalem, ils en tirèrent le nom de Templiers. Saint Bernard traça leur règle empreinte d'une rigoureuse austérité. Mais les richesses de l'ordre et les habitudes de la vie militaire ne tardèrent pas à corrompre les Templiers. Leur opulence excitait d'ailleurs la cupidité des souverains et contribua à les perdre. Dès le commencement du xive siècle, l'ordre du Temple fut aboli par le pape Clément v au concile de Vienne (6 mai 1312), à la sollicitation du roi Philippe le Bel. Les principaux dignitaires, tels que le grand maître Jacques Molay et Gui, commandeur d'Aquitaine, furent brûlés à Paris, le 18 mars 1314. Sur le bûcher, ils protestèrent de leur innocence et rétractèrent les aveux que la torture leur avait arrachés. Les biens des Templiers de France furent partagés entre le trésor royal et les Hospitaliers.

Il y avait encore en France plusieurs autres ordres de chevalerie militaire et religieuse, tels que les ordres de Saint-Lazare, de Saint-Antoine, de Notre-Dame du Mont-Carmel, etc. L'ordre de Saint-Lazare de Jérusalem fut confirmé par une bulle du pape Alexandre iv en 1255. Le pape Innocent viii réunit les chevaliers de Saint-Lazare aux chevaliers de Malte en 1490. Pie iv rétablit l'ordre de Saint-Lazare et Pie v lui accorda de nouveaux privilèges en 1564. Le pape Grégoire xiii l'incorpora, en 1572, à l'ordre de Saint-Maurice en Savoie et déclara grands maîtres le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, et ses successeurs. Les chevaliers français se plaignirent de cette disposition, et, lorsque la France se fut relevée sous Henri iv, le pape Paul v réunit les chevaliers français de Saint-Lazare à ceux de Notre-Dame du Mont-Carmel par une bulle datée de 1608. Louis xiv joignit à ces ordres plusieurs autres ordres secondaires, tels que les Hospitaliers du Saint-Esprit de Montpellier, les chevaliers du Saint-Sépulcre, les chevaliers de Saint-Antoine, etc. Les chevaliers de Saint-Lazare portaient, comme signe distinctif, une croix d'or à huit pointes suspendue à un ruban violet. L'ordre de Saint-Lazare a existé jusqu'à la révolution française.

L'ordre du Saint-Esprit de Montpellier, qui fut confondu avec l'ordre de Saint-Lazare, avait été fondé, en 1198, par le pape Innocent iii. Les membres de cet ordre faisaient voeu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance ; ils soignaient les pèlerins malades, les pauvres et les enfants trouvés ; ils portaient un habit noir ecclésiastique, sur lequel était brodée une croix blanche à douze pointes. Ils suivaient la règle de saint Augustin. L'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel remontait à une haute antiquité. Il fut confirmé sous le règne de Henri iv par une bulle de Paul v (1608). Il n'y avait que les Français qui y fussent reçus. Le nombre des chevaliers était de cent, et ils devaient se tenir constamment aux côtés du roi en temps de guerre. Ils avaient l'inspection des lazarets et ladreries. Leur signe distinctif était une croix violette à huit pointes suspendue à un ruban brun, et portant au milieu l'image de la Vierge ; la même croix était brodée sur leur manteau. Ils furent, comme nous l'avons dit, réunis sous Louis xiv à l'ordre de Saint-Lazare. L'ordre de Saint-Antoine, dont l'institution datait de 1370, se distinguait par une croix bleue sur un habit noir. Les chevaliers du Saint-Sépulcre, qui remontaient aux premières années du xiie siècle, portaient un habit blanc, et, sur la poitrine, une large croix rouge entourée de quatre autres plus petites. Fondés pour les croisades, ces ordres languissaient depuis la fin du moyen âge. La Constituante, en déclarant leurs biens propriétés nationales, leur porta le dernier coup.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

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