Chevaliers bourgeois. — La chevalerie était ordinairement réservée à la noblesse. Cependant on trouve des exemples de chevaliers bourgeois. Un acte de 1298 prouve que dans la sénéchaussée de Beaucaire, les bourgeois étaient armés chevaliers par les barons : « Savoir faisons, dit cet acte, que c'est l'us et coutume, observés de toute ancienneté et de temps immémorial, que, dans la sénéchaussée de Beaucaire, les bourgeois aient pu recevoir, des nobles barons et archevêques, les insignes de la chevalerie, les porter et jouir des privilèges de chevalerie. Le mardi après l'octave de la Pentecôte 1298. » Baluze cite, dans son Histoire de Tulle, des lettres du lieutenant général de Guyenne conçues en ces termes : « Savoir faisons que pour le bon rapport qui nous a été fait de la personne de Jacques Marce, bourgeois et marchand de la ville de Tulle, nous l'avons institué chevalier à l'office de marchandise, et nous a fait serment en tel cas accoutumé,
en présence de plusieurs maîtres chevaliers en marchandise, et a payé les droits accoutumés. Fait à Bergerac le 16 novembre 1493. » Les auteurs de l'Art de vérifier les dates ont donc raison de dire, en parlant du règne de Charles viii : « On avait fait sous les règnes précédents des chevaliers ès lois ; on fit, sous celui-ci, des chevaliers ès marchandise. » Ces chevaliers bourgeois étaient nombreux à la fin du xve siècle ; ils avaient formé à Bourges une association de la Table ronde, qui se composait, en 1499, de vingt-quatre membres. Ils se réunissaient dans l'église des carmes de cette ville.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899