Chevaliers ès lois. — Il est question dès le xiiie siècle de jurisconsultes qui portaient le titre de chevaliers. Matthieu Paris, à la date de 1251, parlant de Henri de Bath dit qu'il était chevalier très versé dans la connaissance des lois (miles litteratus legum terræ peritissimus). Ce fut surtout au xive siècle que les hommes de loi voulurent s'égaler aux chevaliers et mirent en honneur le titre de chevalier ès lois. Ils se fondaient sur un passage des Institutes de Justinien où ce prince dit que la Majesté impériale ne doit pas seulement être ornée par les armes, mais encore défendue par les lois (Imperatoriam majestatem non solum armis decoratam, sed etiam legibus oportet esse armatam). Ces chevaliers ès lois se mêlaient quelquefois aux hommes de guerre et rivalisaient avec eux. Ainsi le chancellier de Philippe le Bel, Pierre Flotte, qui est appelé dans une ordonnance de Philippe de Valois chevalier ès lois, se fit tuer à la bataille de Courtrai en combattant vaillamment. Le nom de chevalier ès lois se trouve aussi dans Froissart. Parlant de la mort de trois chevaliers, il dit que, « les deux d'armes étoient messire Robert de Clermont, gentilhomme noble grandement, et l'autre le seigneur de Conflans ; le chevalier ès lois étoit maître Simon de Bucy. » Le même auteur mentionne un chevalier ès lois et ès armes, messire Renaud de Sens, qui était bailli de Blois.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899