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Les institutions françaises sous l'ancien régime
 
Les institutions françaises sous l'ancien régime
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Chocolat

Au Blason des Armoiries
 

Chocolat. — Le chocolat n'a été introduit en France qu'au xviie siècle ; il y a été transporté par les Espagnols, qui, au siècle précédent, en avaient emprunté l'usage aux Mexicains. Ils en avaient changé la composition en mêlant au cacao du sucre et de la vanille. Ce fut, dit-on, la reine Marie-Thérèse qui, après son mariage avec Louis xiv, répandit en France le goût du chocolat. Un officier de cette princesse obtint le monopole de la vente de cette denrée ; il s'établit près de la Croix du Traboir (à l'angle formé par la rue de l'Arbre-Sec et de la rue Saint Honoré), et obtint un grand succès. D'autres reportent à une époque un peu plus reculée l'introduction du chocolat en France (voy. Le Grand d'Aussy, Vie privée des Français), mais tous conviennent qu'il nous vint d'Espagne au xviie siècle. L'usage en était déjà assez répandu en 1671, puisque Mme de Sévigné écrivait (11 février) à sa fille, qui venait de partir pour la Provence : « Vous ne vous portez pas bien ; le chocolat vous remettra ; mais vous n'avez pas de chocolatière ; j'y ai pensé mille fois ; comment ferez-vous ? » Ce passage prouve en même temps que, si l'usage du chocolat était répandu à Paris, il était peu connu dans le reste de la France, puisqu'on ne pouvait s'y procurer les ustensiles nécessaires pour le préparer. La suite de la correspondance de Mme de Sévigné avec sa fille, fait voir que la vogue du chocolat ne se soutint pas longtemps. « J'ai aimé le chocolat, écrit-elle le 25 octobre 1671, il me semble qu'il m'a brûlée, et depuis j'en ai bien entendu dire du mal. »

Malgré les accusations exagérées qui, suivant l'usage, succédaient à des éloges exagérés, le goût du chocolat se répandit dans la France entière. On le servait, en 1681, aux collations que Louis xiv donnait à Versailles les jours de fêtes. Le 25 mars 1684, dit Le Grand d'Aussy, un médecin de Paris, nommé Bachot, fit soutenir aux écoles de la Faculté, pendant sa présidence, une thèse pour prouver que le chocolat bien fait est une invention des dieux plutôt que le nectar et l'ambroisie. Bientôt les colonies françaises cultivèrent le cacao, et, avant la fin du xviie siècle, on comptait un grand nombre de cacaoyers à la Martinique. Pendant le xviiie siècle, on s'attacha, par des procédés ingénieux, à rendre plus facile la préparation du cacao, et. en 1778, Doret inventa une machine hydraulique qui broyait la pâte de cacao, et y mêlait le sucre et la vanille avec plus de promptitude et de propreté que n'aurait pu le faire la main de l'homme. Cette invention a été de nos jours adoptée par un grand nombre de chocolatiers. Quoique l'usage du chocolat soit aujourd'hui très répandu, on peut encore répéter la remarque que Le Grand d'Aussy faisait au siècle dernier : le chocolat et le thé ne sont pas devenus populaires en France, tandis que le café, dont l'usage date a peu près du même temps, est recherché jusque dans les dernières classes de la société.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899

 

 

 

 

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