Colliberts. — Le mot collibert a été pris dans plusieurs sens : au moyen âge il désignait une espèce de serfs qu'on appelait aussi cuverts. Aujourd'hui le nom de collibert s'applique à certains habitants de l'Aunis et du bas Poitou. Commençons par le moyen âge. « Les colliberts, dit M. Guérard (Prolégomènes du cartul. de Saint-Père de Chartres, § 32), les colliberts peuvent se placer à peu près indifféremment ou au dernier rang des hommes libres ou à la tête des hommes engagés dans les liens de la servitude. Soit que leur nom signifie francs du col ou du collier, suivant la définition de D. Muley, soit qu'il serve à désigner proprement les affranchis d'un même patron, comme il est dît dans du Cange, soit qu'on l'interprète d'une autre manière, il n'en est pas moins certain que les colliberts étaient privés en partie de la liberté. Le fils du collibert restait collibert, quel que fût le changement apporté à la personne, à la tenure, aux biens, à la position de ses parents. Les colliberts étaient d'ailleurs vendus, donnés, échangés comme les serfs. » Thibaut, comte de Chartres, fit don, en 1080, à l'abbaye de Saint-Père de Chartres de plusieurs colliberts, sous la condition que les moines chanteraient un psaume pour lui tous les jours de l'année, excepté les jours de fête.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899