Commensal. — On appelait commensaux ou convives du roi, sous les premières dynasties, les guerriers qui accompagnaient le roi dans les combats et qui le servaient dans son palais comme ministériales. Aux xviie et xviiie siècles, les commensaux étaient les officiers qui avaient droit de prendre place aux tables de la cour.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
COMMENSAL, subst. masc., Commensaux au
plur. C'est ainsi qu'on désigne
ceux des officiers du roi qui sont de service, et qui
ont bouche en cour pendant ce temps.
1° Par l'édit de juillet 1653, leurs
charges furent exemptées de tous privilèges
et hypothèques, et de tous partages et rapports
dans les successions, ce qui fut confirmé par édit
du mois de janvier 1678, et par deux arrêts du
conseil du 13 août 1665 et 17 octobre 1679,
qui déclaraient en outre que les gages et émoluments
de ces charges n'étaient pas saisissables.
2° Ces officiers et leurs veuves, durant leur
viduité, étaient exempts de toutes contributions
pour vivres, munitions et conduites de gens de guerre ;
tailles, aides, gros, quatrième, huitième,
dixième, et appétissement de vin ; de guet,
de gardes des portes et murailles, ponts, passages,
travers, détroits, fournitures, et contributions ;
d'étapes, logements de gens de guerre ;
charrois et chevaux d'artillerie, ban et arrière-ban,
souchet, traites foraines, péages, passages, et
de toutes choses de leur crû ; franc-fiefs et
autres subsides, contributions et subventions quelconques.
Mais, par un arrêt de la cour des
aides du 10 mai 1607, leur exemption fut restreinte aux
impositions qui existaient lors de la concession ;
on les déclara sujets aux
réparations des chemins, fortifications des villes,
ponts, chaussées, et autres ouvrages publics ;
au droit d'appétissemens de pinte, traites et impositions
foraines pour marchandises qui n'étaient de
leur crû, et à toutes criées et levées
de deniers auxquelles leurs prédécesseurs
avaient contribué.
3° Ils furent exempts de tutelle.
4° Ils pouvaient faire valoir par leurs
mains une ferme de deux charrues sans payer de taille.
5° Pour jouir des exemptions de taille, il fallait
que les Commensaux eussent
au moins soixante livres de gages, et qu'ils fussent en
activité de
service ; néanmoins les officiers des sept
offices de la maison du roi en jouissaient, quoique leurs
gages fussent moindres de soixante livres. Ceux qui n'avaient
point de dignité attachée à leur office,
pouvaient même faire trafic de marchandises,
mais non pas tenir ferme d'autrui.
6° Les Commensaux ne
pouvaient être
dispensés du service, que pour cause de maladie
certifiée par les médecins, et par le juge
et procureur du roi de leur demeure, par acte signé du
greffier, qui devait être signifié aux habitants
du lieu de leur domicile, à l'issue de la grand'messe,
un jour de fête ou dimanche, à leur procureur
syndic, et encore au substitut du procureur général
en l'élection.
7° Ceux qui, au bout de vingt-cinq ans de service,
obtenaient des lettres de vétérance dûment
registrées, continuaient à jouir de tous les
privilèges.
Les Commensaux titulaires
ou vétérans ne jouissaient de l'exemption
des tailles qu'au nombre de huit, dans les paroisses
où le
principal de la taille était de neuf cents livres
et au dessus, et quatre seulement dans les lieux où la
taille était moindre. Ceux qui étaient établis
les premiers jouissaient des privilèges ; les
surnuméraires
en jouissaient à leur tour ;
les veuves n'étaient pas comprises dans ce
nombre de huit ou quatre.
9° Faute de payer leur capitation, ils étaient
déchus de tous leurs privilèges.
10° Ceux qui avaient des bénéfices étaient
dispensés d'y résider, pendant qu'ils servaient
auprès du prince.
11° Les Commensaux avaient
la préséance dans les cérémonies
sur tous les officiers, même royaux, et autres personnes
dont l'état était inférieur à celui
des Commensaux. Par exemple,
les écuyers ordinaires
du roi avaient rang après les conseillers des bailliages royaux, et avant les officiers des élections et
greniers à sel, et autres inférieurs en ordre.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816 — Télécharger