Comput ecclésiastique. — On donne le nom de comput ecclésiastique à l'ensemble des calculs nécessaires pour déterminer l'époque de la fête de Pâques. Ceux qui s'occupent de ces calculs se nomment computistes. Les éléments nécessaires pour cette détermination sont : la lettre dominicale, le nombre d'or, et l'épacte.
Lettre dominicale.
On désigne dans le calendrier, dit perpétuel, les sept jours de la semaine parles sept premières lettres de l'alphabet. Le 1er janvier est marqué A ; le 2, B, etc. ; le 7, G. On voit, d'après cela, que l'année étant composée de cinquante-deux semaines, plus un jour, la lettre A servira à marquer le dernier jour de l'année. La lettre qui, pour une année, répond au dimanche, se nomme la lettre dominicale pour cette année. Ainsi, 1851 a commencé un mercredi. A a désigné le mercredi, et E pour toute cette année a désigné le dimanche. E a été la lettre dominicale pour 1851. L'année suivante, elle a été D, c'est-à-dire que la lettre dominicale rétrograde d'un rang d'une année à la suivante. Pour les années bissextiles, on compte deux lettres dominicales ; la première sert du 1er janvier au 24 février, jour de la Saint-Mathias ; la deuxième pour tout le reste de l'année ; ainsi, pour l'année bissextile 1852, les lettres dominicales sont D et C. Depuis longtemps on est dans l'usage de changer la lettre dominicale à partir du 1er mars seulement. La première année de notre ère a commencé un samedi ; la lettre A indiquant le samedi, la lettre B fut la lettre dominicale de l'an i ; A celle de l'an ii ; G celle de l'an iii, etc. On a dressé des tableaux donnant la lettre dominicale pour une longue suite d'années. L'illustre astronome Delambre a également donné une formule propre à cette détermination. Cette formule est assez, compliquée, puisqu'on doit y avoir égard aux réformes julienne et grégorienne.
Le nombre d'or.
Le nombre d'or répond à une période astronomique remarquable, découverte par les Athéniens Méton et Euctémon. Elle consiste en ce que, dans une période de dix-neuf années tropiques, les mêmes lunaisons reviennent périodiquement. Ainsi, si la lune a été nouvelle le 1er janvier d'une certaine année, elle le sera encore et à peu près à la même heure, au 1er janvier, dix-neuf ans plus tard. Cette période de dix-neuf ans se nomme cycle lunaire ou de Méton, et le numéro d'ordre d'une année dans ce cycle se nomme nombre d'or.
Épacte.
On appelle épacte l'âge de la lune au 1er janvier d'une certaine année. La lettre dominicale, le nombre d'or et l'épacte sont inscrits en tête de tous les calendriers. On y trouve encore le cycle solaire et l'indiction, dont nous ne dirons qu'un mot. leur considération n'étant pas utile pour la détermination de la fête de Pâques. Le cycle solaire est une période de vingt-huit années, au bout desquelles les mêmes jours reviennent aux mêmes dates du mois. L'indiction est une période de quinze années qui ne répond à aucune période astronomique, mais à une division cadastrale qui servait de base à l'impôt et revenait tous les quinze ans. Cette période date du temps de Constantin ; les papes, depuis Grégoire xiii, ont fait commencer cette période le 1er janvier de l'an 313 ; les dates qui se rapportent à cette supposition portent le nom d'indiction romaine.
D'après une décision du concile de Nicée, tenu en 325, la fête de Pâques doit se célébrer le premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe, qu'on regardait alors comme tombant invariablement le 21 mars. La pleine lune qui suit cette époque se nomme lune pascale ; c'est de la date de cette lune pascale que dépend celle de la fête de Pâques.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899