|
COMTE. Le titre de Comte remonte à l'empire romain. On voit, en effet, dans les derniers temps de cet empire, un Comte des largesses sacrées (comes sacrarium largitionum), un Comte des domestiques ou des gardes de l'empereur (comes domesticorum). Il y eut aussi des Comtes chargés du gouvernement des provinces. Les barbares, après la conquête de la Gaule, conservèrent les titres de Comtes (grafs ou grafions). Dans le principe, les Comtes étaient des gouverneurs de provinces nommés par les rois ; mais peu à peu ils se rendirent presque indépendants. Enfin, Charles le Chauve, par le capitulaire de Kiersy-sur-Oise (877) proclama que l'autorité des Comtes serait héréditaire. Voici la traduction de quelques passages importants du capitulaire : « Si un Comte de ce royaume vient à mourir, et que son fils soit auprès de nous, nous voulons que notre fils, avec ceux de nos fidèles qui ont été les plus proches parents du Comte défunt, et avec les autres officiers du comté, et l'évêque, dans le diocèse duquel le comté est situé, pourvoient à l'administration jusqu'à ce que la mort du comte nous ait été annoncée, et que nous ayons conféré à son fils, présent à notre cour, les honneurs dont son père était revêtu. Si le fils du Comte défunt est enfant, que les autres officiers et l'évêque aient l'administration du comté, jusques à l'époque où nous pourrons conférer au fils les mêmes honneurs ». Sous le régime féodal, le titre de Comte désigna le troisième degré de la hiérarchie des seigneurs. Le Comte venait après le duc et le roi. La couronne, signe distinctif des Comtes, était un cercle d'or enrichi de pierreries et de perles, rehaussé et orné de seizes grosses perles. La femme d'un Comte portait le titre de comtesse ; leur domaine s'appelait comté. Dans l'origine les comtés étaient les divisions géographiques et administratives des états mérovingiens et carlovingiens. (A. Cheruel. — Dictionnaire historique des Institutions de la France).
Homme noble qui possède une terre érigée en comté en sa faveur. Les Comtes tenaient le milieu entre les ducs et les barons et ont droit de porter une couronne perlée sur leurs armes. Cette couronne est une lame en cercle ou bandeau, orné de trois pierres précieuses, et surmonté de trois grosses perles ou d'un rang de perles, qui, au milieu et aux extrémités de la lame, se doublent ou se triplent, et sont plus élevées que les autres.
Le terme Comte vient du latin comes, parce c'étaient primitivement des seigneurs qui se trouvaient attachés à la cour ou à la suite du souverain. À l'époque de Charlemagne, les Comtes n'étaient autre chose que les juges ordinaires, et tout ensemble gouverneurs de villes. Ces derniers avaient sous eux des Comtes constitués dans les villes particulières, et ne cédaient point aux ducs, qui n'étaient, comme les Comtes, que simples gouverneurs de provinces. Ces Comtes rendirent leur dignité héréditaire sous les derniers rois de la seconde race, qui étaient trop faibles pour se faire obéir. Ils usurpèrent même la souveraineté ; lorsque Hugues Capet parvint à la Couronne, son autorité n'était ni assez reconnue, ni assez affermie, pour s'opposer à ces usurpations. C'est de cet état de choses qu'est venu le privilège des Comtes, de porter une couronne sur leurs armes. Ils la prirent alors comme jouissant de tous les droits de souveraineté. Mais peu à peu les rois de France remirent ces Comtes sous leur obéissance et les réunirent à la Couronne. Ainsi, la qualité de Comte au temps de la féodalité ne fut plus qu'un titre honorifique accordé par les rois de France depuis la Renaissance.
En Angleterre et en Écosse, le Comte-maréchal est un officier de la Couronne, qui juge à la Cour de la Maréchaussée, les criminels pris dans les endroits privilégiés.
d'après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la
science du blason
Comte Alphonse O'Kelly de Galway — Bergerac, 1901
Comte, Comtesse, Comté. — Le titre de comte remonte à l'empire romain. On voit, en effet, dans les derniers temps de l'empire romain, un comte des largesses sacrées (comes sacrarum largitionum), un comte des domestiques ou des gardes de l'empereur (comes domesticorum). Il y eut aussi des comtes chargés du gouvernement des provinces. Les barbares, après la conquête de la Gaule, conservèrent les litres de comtes (grafs ou gravons). Dans le principe, les comtes étaient des gouverneurs de provinces nommés par les rois ; mais peu à peu ils se rendirent presque indépendants. Enfin, Charles le Chauve, par le capitulaire de Kiersy-sur-Oise (877), réclama que l'autorité des comtes serait héréditaire. Voici la traduction de quelques passages importants de ce capitulaire : « Si un comte de ce royaume vient à mourir, et que son fils soit auprès de nous, nous voulons que notre fils, avec ceux de nos fidèles qui ont été les plus proches parents du comte défunt, et avec les autres officiers du comté, et l'évêque, dans le diocèse duquel le comté est situé, pourvoient à l'administration jusqu'à ce que la mort du comte nous ait été annoncée, et que nous ayons conféré à son fils, présent à notre cour, les honneurs dont son père était revêtu. Si le fils du comte défunt est enfant, que les autres officiers et l'évêque aient l'administration du comté, jusques à l'époque où nous pourrons conférer au fils les mêmes honneurs. » (Recueil des capitulaires, par Baluze, ii, 263-269.) Sous le régime féodal, le titre de comte désigna le troisième degré de la hiérarchie des seigneurs. Le comte venait après le duc et le roi. La couronne, signe distinctif des comtes, était un cercle d'or enrichi de pierreries et de perles, rehaussé et orné de seize grosses perles. La femme d'un comte portait le titre de comtesse ; leur domaine s'appelait comté. Dans l'origine, les comtés étaient les divisions géographiques et administratives des États mérovingiens et carlovingiens.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
COMTE, subst. masc. Ce titre était
connu chez les romains, mais ce ne fut que sous Constantin
qu'on commença à désigner par
le nom de Comte une personne
constituée en dignité.
Eusèbe dit que ce prince en fit trois classes, dont
la première fut des illustres, la seconde
des clarissimes ou considérés, et
la troisième des très parfaits :
les derniers avaient des privilèges particuliers,
mais il n'y avait que les premiers et les seconds
qui composassent le sénat.
Mais à peine le nom de Comte fut-il
un titre, qu'il fut ambitionné par une infinité de
particuliers, et qu'il devint très commun,
et par conséquent peu honorable. Il y eut des Comtes pour
le service de terre, pour le service de mer, pour les affaires
civiles, pour celles de la religion, pour la jurisprudence.
Le Comte, que les latins
appelaient comes à commeando,
ou à comitando, que les allemands
appelaient graaf,
que les saxons ont appelé eolderman, que
les danois nomment earlus, et les anglais earl, est
parmi nous un homme noble qui possède une terre érigée
en comté, et qui a droit de porter dans ses armes une
couronne perlée, ou un bandeau circulaire
orné de trois pierres
précieuses, et surmonté ou de trois grosses
perles, ou d'un rang de perles, qui se doublent ou
se triplent vers le milieu et le bord supérieur
du bandeau, et sont plus élevées que les
autres.
Ce titre d'honneur, ou degré de noblesse, est
immédiatement au-dessus de celui de vicomte, et
au-dessous de celui de marquis.
Les empereurs furent les premiers Comtes de
leurs palais,
des généraux d'armées, et des
gouverneurs de province. Ceux qui avaient été vraiment
Comtes de l'empereur,
avant que de passer à d'autres
dignités, retinrent ce titre : d'où il
arriva que ceux qui leur succédèrent dans
ces dignités, se firent appeler Comtes,
quoiqu'ils ne l'eussent point été réellement.
Les anciens Comtes du palais,
sous les empereurs, s'appelaient d'abord comites et magistri ils
supprimèrent dans la suite le magistri. Dans
ces temps les ducs n'étaient distingués
des
Comtes que par la nature
de leurs fonctions. Les Comtes étaient
pour les affaires de la paix ; les ducs pour celles
de la guerre. La grande distinction qui existe maintenant
entre ces dignités, n'est pas fort ancienne.
Les français, les allemands, etc., en se répandant
dans les Gaules, n'abolirent point la forme du gouvernement
romain, et conservèrent les titres de Comtes et
de ducs que portaient les gouverneurs de provinces
et de villes. Sous Charlemagne, les Comtes étaient
gouverneurs et juges des villes et des provinces. Les Comtes qui
jugeaient et gouvernaient des provinces, supérieurs
des Comtes, qui ne jugeaient
et gouvernaient que des villes, étaient
les égaux des ducs qui ne jugeaient et gouvernaient
des provinces que comme eux, et qui étaient pareillement
amovibles.
Ce fut sous les derniers de nos rois de la seconde race,
que ces seigneurs rendirent leurs dignités héréditaires ;
ils en usurpèrent même la souveraineté,
lorsque Hugues Capet, qui en avait fait autant lui-même
pour le duché de France et le comté de Paris,
parvint à la couronne. Son autorité ne fut
pas d'abord assez affermie pour s'opposer à ces
usurpations ; et c'est de là qu'est
venu le privilège
qu'ils ont encore de porter une couronne dans leurs armes.
Peu à peu les comtés sont revenus à la
couronne, et le titre de Comte n'a
plus été qu'un
titre accordé par le roi, en érigeant en
comté une
terre où il
se réserve juridiction et souveraineté.
D'abord la cause de réversion du comté à la
couronne au défaut d'enfants mâles,
ne fut point mise dans les lettres patentes d'érection ;
mais pour obvier à la fréquence de ces
titres, Charles IX l'ordonna en 1564. Cette
réversion
ne regarde que le titre, et non le domaine qui passe toujours à ceux à qui
il doit aller selon les lois, mais sans attribution de
la dignité.
Il y a eu entre les marquis et les Comtes des
contestations pour la préséance. On alléguait
en faveur des Comtes, qu'il
y avait des
Comtes-pairs, et non des
marquis ;
cependant la cause a été décidée
pour les marquis : ils précédent
les
Comtes, quoique leur titre
soit très moderne en
France ; il ne remonte pas au-delà de Louis XII,
qui créa marquis de Trans un seigneur de l'illustre
et ancienne maison de Villeneuve ; le titre de marquis est
originaire d'Italie.
Comme l'on donnait anciennement le nom de Comtes aux
gouverneurs de ville et de province, dont une des fonctions était
de conduire la noblesse à l'armée,
et que quelques capitaines prirent le même titre,
sans y être
autorisés par un gouvernement de ville ou de province ;
on fit dans la suite, du nom de Comtes celui
de comite qui
est resté à ceux qui commandent les forçats
sur nos galères. On fit aussi celui de vicomte, qui,
de même que les anciens Comtes étaient
juges dans leurs villes ou provinces, sont restés
juges dans quelques unes de la Normandie et ailleurs ; à Paris
même, le prévôt de la ville délégué par
le Comte, était juge
dans le vicomté de Paris.
Nos ambassadeurs et plénipotentiaires sont dans
l'usage de prendre le titre de Comte,
quoiqu'ils n'aient point de comtés ;
ils croyent ce relief nécessaire
pour avoir dans le cours de leur négociation un
degré de considération proportionné à l'importance
de leurs fonctions.
En Angleterre, on appelle Comtes les
fils des ducs, et vicomtes les fils des Comtes.
Le titre de Comte s'éteignait
originairement avec celui qui le portait. Guillaume le
Conquérant
le rendit héréditaire, en récompensa
quelques grands de sa cour, en annexa à plusieurs
provinces, et accorda au Comte,
pour soutenir son rang, la troisième partie des
deniers des plaidoiries, amendes, confiscations et autres
revenus propres du prince, dans toute
l'étendue de son comté. Cette somme
se payait par l'échevin
de la province. Depuis les Comtes furent
créés
par chartes ; ils n'avaient
ni autorité,
ni revenus dans les comtés dont ils portaient les
noms :
le titre de Comte ne leur
valait qu'une pension honoraire sur l'échiquier.
Le nombre des Comtes étant
devenu plus grand que celui des comtés proprement
dits ; il y en a dont le comté est désigné par
le nom d'une portion distinguée d'une
province, ou d'un autre comté, par celui d'une
ville, d'un
village, d'un bourg, d'un château, d'un
parc. Il y a eu même deux Comtes sans nom de terre ;
le
Comte de Rivers, et le Comte de
Poulet ; mais, depuis la
révolution, il y en a grand nombre. Il y avait aussi
une charge qui donnait le titre
de Comte
maréchal.
La cérémonie de création de Comte se
fait en Angleterre par le roi, en ceignant l'épée,
mettant le manteau sur l'épaule, le bonnet et la
couronne sur la tête, et la lettre patente à la
main, à celui qui est créé, que le
roi nomme consanguineus noster, mon cousin,
et à qui il donne le titre de très haut
et très puissant seigneur. Les perles de la
couronne du Comte anglais
sont placées sur des pointes
et extrémités de feuillages. On y fait moins
de façons en France. Lorsque la terre est érigée
en comté par lettres patentes, le titulaire et sa
postérité légitime prennent
le titre de Comte, sans autre
cérémonie
que les enregistrements requis des lettres d'érection.
Tous ceux qui portaient le titre de Comte en
France, n'avaient pas pour cela, un domaine érigé en
comté. Le roi accordait ce titre par des lettres patentes,
seulement, et de sa pleine volonté ; elles
devaient être
registrées dans les cours supérieures ;
mais un arrêt du parlement de Paris du 13 août
1663, défend « à tous
propriétaires
de terres, de se qualifier baron, comte ou
marquis, et d'en prendre les couronnes à leurs armes,
sinon en vertu de lettres patentes, bien et duement vérifiées ;
et à tous gentilshommes, de prendre la qualité de
Messire et
de Chevalier, si non, en vertu de bons et
légitimes
titres ; et à tous ceux qui ne sont point gentilshommes,
de prendre la qualité d'écuyer,
ni de timbrer leurs armes,
le tout à peine de 1500
liv. d'amende ».
Les chanoines des chapitres
nobles, tels que ceux de
Lyon, de Mâcon, de Vienne, de Brioude, de Saint-Claude,
etc., prenaient le titre de Comte.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
Plan du site | Mises à jour | RSS | Presse | Liens
Partenariats | Webmestres |
Infos légales |
Contact
Copyright © Au Blason des Armoiries – Tous droits réservés – 2005-2010

Partenariats : Agir XIX - Annuaire de généalogie - Annuaire des artisans d'art
Armorial Général -
Ascendance et généalogie - Charles de Flahaut - Château de Moyen
Histoire pour tous - Historia Nostra - Le Passé Présent - Rois et Présidents
Devenir partenaire ?
|