Concierge du Palais. — Le concierge du Palais était primitivement un juge royal. Vers la fin du xe siècle, il avait moyenne et basse justice dans l'enceinte du Palais, dans le faubourg Saint-Jacques, à Notre-bame-des-Champs et dans le fief de Saint-André compris dans ce faubourg. En 1348, Philippe de Valois changea le nom de concierge en celui de bailli du Palais. Des lettres patentes de Charles, régent de France, en date de 1358, accordent au concierge-bailli du Palais, avec la moyenne et basse justice dans l'enceinte du Palais, la justice sur les auvents ou petites boutiques adossées aux murs du Palais, des cens et rentes sur plusieurs maisons, le droit de donner et ôter les places aux merciers qui vendaient en haut et en bas du Palais, et d'en recevoir un présent une fois l'an. Lorsqu'on admettait un boucher dans la boucherie du Châtelet, il donnait au concierge du Palais trente livres et demie de viande, moitié boeuf et moitié porc, la moitié d'un chapon plumé, un demi-setier de vin, et deux gâteaux. Celui qui allait recevoir cette redevance devait payer deux deniers au changeur placé dans la salle des bouchers. Le concierge-bailli du Palais avait le droit de faire enlever tous les arbres secs qui se trouvaient en toutes les voiries et chemins royaux du ressort de la banlieue et vicomté de Paris. Lorsqu'il écrivait à Gonesse pour faire venir du blé ou autre chose au grenier du roi, les écorcheurs de la boucherie étaient tenus de porter ses lettres ou de les envoyer à leurs frais. Il avait l'inspection sur le portier et les gardes du Palais. En 1416 cet office fut réuni au domaine.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899