Connétablie. — Tribunal du connétable. Cette juridiction continua d'exister après la suppression de la dignité de connétable et conserva le nom de connétablie. Elle connaissait de tous les crimes et délits commis par les gens de guerre au camp, dans les garnisons et pendant les marches ; des contestations qui s'élevaient entre eux pour le partage
du butin ou pour les rançons ; des abus et malversations des officiers de guerre, etc. Ce tribunal se composait d'un lieutenant
général, d'un lieutenant particulier et d'un procureur du roi nommé par le connétable, et, après la suppression de cette charge, par les maréchaux. C'était une des trois tables de marbre du palais à Paris. Les appels de la connétablie étaient portés au parlement de Paris. Le grand prévôt de la connétablie, accompagné de quatre lieutenants et d'archers, suivait les armées pour faire le procès aux soldats coupables de quelque infraction à la discipline militaire.
Il ne faut pas confondre ce tribunal de la connétablie avec la juridiction des maréchaux de France prononçant sur les contestations relatives au point d'honneur. Dans les affaires de cette nature, les maréchaux de France jugeaient eux-mêmes et sans appel.
On appelait encore connétablie, dans l'ancienne langue française, des compagnies de cavalerie et d'infanterie. Le roi Jean ordonna, en 1351, que l'infanterie fût rangée par connétablies et par compagnies de vingt-cinq à trente nommes. Chaque commandant de ces compagnies s'appelait connétable. Froissart emploie aussi le mot connétablie dans ce sens : « Les Hennuyers, dit-il, vinrent devant la ville d'Aubeton, en trois connétablies, leurs bannières devant bien ordonnées. »
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899
CONNÉTABLIE, subst.
fém., juridiction des maréchaux de France sur les gens de guerre,
tant en matière civile que criminelle. Elle jugeait
de tous les différents, mais entre les gentilshommes
et gens faisant profession des armes, pour raison de leurs
engagements de parole et du point d'honneur.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816 — Télécharger