Consul. — Le nom de consul, et les marques de cette dignité, furent accordés
par l'empereur Anastase, à Clovis. Grégoire de Tours nous représente ce roi prenant dans la basilique de Sainte-Martin de Tours les insignes des consuls romains, et remplaçant les fourrures des guerriers barbares, par la robe prétexte bordée de pourpre. Le diadème devint alors le symbole du pouvoir suprême, à la place de la chevelure flottante qui avait été longtemps le signe distinctif de la royauté chez les Francs. Clovis sortit à cheval de la basilique de Saint-Martin de Tours, jetant de l'argent au peuple, et, à partir de ce moment, il fut salué du nom d'Auguste.
Il y avait aussi des magistrats municipaux, appelés consuls, dans les cités gallo-romaines, principalement dans le midi de la Gaule. On retrouve encore ce nom au xive siècle. Ainsi, deux ordonnances du roi de France, Philippe le Bel, mentionnent les consuls de Toulouse, et leur attribuent la connaissance des crimes commis dans leur ville, faubourgs et viguerie (Ordonn. i, 392 et 397). Une autre ordonnance exempte de la torture les consuls de Toulouse et leurs enfants (ibid., p. 553). On trouve aussi mentionnés des consuls d'Aix, de Nîmes, de Montpellier, de Vienne, etc.
On appelait autrefois consuls, les juges des tribunaux de commerce établis en 1563 et 1566 (voy. Tribunaux de commerce).
Le nom de consuls désigne encore des magistrats chargés de protéger les Français fans les villes étrangères (voy. Relations extérieures).
Enfin, on donna le nom de consul aux trois magistrats placés à la tête de l'État par la constitution de l'an viii (voy. Consulat).
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899