Coq. — Le coq n'a été employé comme symbole de la France que vers la fin du xviie siècle. Jusqu'alors il ne figurait que sur les clochers des églises pour annoncer la vigilance qui doit distinguer les ministres de Dieu. Un des premiers monuments où figure le coq comme emblème de la France, est une médaille de 1679, qui porte pour légende gallus protector sub umbra alarum (le coq les protège à l'ombre de ses ailes). Ce furent surtout les ennemis de la France qui firent usage de cet emblème. Ainsi, en 1706, à l'occasion de la défaite des Français à Ramillies, on représenta un coq qui se laisse prendre à un hameçon, sur lequel il s'est jeté avidement. Une autre médaille montre le coq gaulois fuyant devant le lion belge, avec cette légende :
Nunc tu, Galle, fugis, dum leo belga fremit.
« Tu fuis maintenant, coq ou Gaulois, au seul frémissement du lion belge. »
Sur une médaille de 1712, on voit le coq qui demande la paix au lion belge et au léopard anglais, sans pouvoir l'obtenir. Une médaille de 1760 représente le coq gaulois déchiré par l'aigle impériale qui lui arrache les plumes. On voit que jusqu'à la révolution le symbole du coq était surtout satirique. Jamais il ne parait sur les médailles frappées par ordre de Louis xiv ; jamais l'Académie des inscriptions ne l'employa comme emblème national. Il n'a été adopté comme symbole de la France qu'en 1792. Voy. Armes de France.
d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899