CORSE (Île).
Il y a eu de tout temps dans cette île des nobles
possesseurs de fiefs, ayant des vassaux, et obligés, à ce
titre, de servir à la
guerre. Ils jouissaient, entr'autres
privilèges, de l'exemption des
tailles. Les plus distingués
d'entre ces nobles étaient nommés
caporaux. On ignore quelles étaient
ci-devant la forme et l'étendue
de leurs preuves. Après la conquête
de cette île, le roi Louis XV donna
un édit
qui statue sur cette matière ;
cet édit,
qui est du mois d'avril 1770, porte
en substance que ceux qui se prétendent
nobles sont tenus de produire, au greffe
du
conseil supérieur de la même île,
des titres qui prouvent leur filiation et leur noblesse,
depuis deux cents ans au moins ; que, dans les
cas où les
preuves n'y seront pas jugées
suffisantes, Sa Majesté se
réserve de prononcer sur l'état
des familles, relativement aux causes de
la perte de leurs titres, et sur la considération
de leurs services, de leur attachement à leurs
souverains.
Les preuves se faisaient par titres
originaux et par expéditions ;
on n'admettait aucune copie collationnée,
de quelques formalités qu'elles
pussent être
revêtues.
Chaque degré devait être établi
par deux actes au moins, dans lesquels
le sujet qui le formait, stipulait.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816 — Télécharger