CULVERTAGE, subst. masc., culvertagium nom
que l'on donnait anciennement à une servitude très
ignominieuse,
dont l'étymologie et la signification ne sont pas bien
connus. On croit que ce terme signifiait la confiscation du fief
du vassal. On appelait Cuvertscertains
fiefs de mainmorte, dont il est parlé dans l'ancienne
coutume d'Anjou glosée ; il y avait un titre d'homme étrange et
Cuvert. Il y était dit que si
un gentilhomme a Cuvert en
sa terre ; ce que l'on expliquait par le terme serf. On
appuyait cette explication d'un passage de Mathieu Paris, sous
l'an 1212, qui porte que le roi ordonna à tous ceux qui étaient
capables de porter les armes, de se trouver avec des chevaux, sous
peine de Cuvertage, sub nomine
culvertagii et perpetum servitutis ; que chacun ne craignait
rien tant ; nihil magis quam
opprobrium culvertagii metuentes. Mathieu de Westmunster
a dit la même chose sous l'an 1213. Quelques-uns prétendaient
que ce terme Cuvert venait de collibertus, qui
signifie celui qui avait été affranchi avec un autre
esclave par un même seigneur ou patron. M. de Laurière
en sa note seconde sur le chapitre XCVI des établissements
de saint Louis, rapporte cette étymologie : d'autres
la tiraient du latin culum vertere, c'est-à-dire tourner
le cul, prendre la fuite. Le Glossaire de Ducange rejette
cette étymologie, comme étant sans fondement. L'auteur
convient que la signification de ce terme est incertaine et presque
inconnue aux plus habiles grammairiens des langues française
et anglaise. Il fait seulement entendre que ce Cuvertage était
une servitude très ignominieuse ; et que s'il est
permis de hasarder des conjectures, on peut présumer que
ce terme Cuvertagesignifiait
confiscation de fiefs, ce qui paraît appuyé sur la coutume de Sole, titre X, art. 8, où il est dit : couvrir
le feu du vassal, pour confisquer son fief.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816 — Télécharger