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Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Écuyer du roi (premier)

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ÉCUYER DU ROI (PREMIER). La charge de Premier écuyer du roi est très ancienne : par les titres de la chambre des comptes, principalement par les comptes des trésoriers des écuries, on voit qu'il y a eu distinctement une petite écurie du roi. Cette charge était depuis le 20 janvier 1645 dans la maison de Beringhem, originaire des Pays-Bas ; elle fut ensuite possédée par Henri Canaille, marquis de Beringhem, qui prêta serment entre les mains de sa majesté le 7 février 1724.

Le Premier écuyer commande la petite écurie du roi, c'est-à-dire les chevaux dont sa majesté se sert le plus ordinairement ; les carrosses, les calèches, les chaises à porteurs : il commande aux pages et valets-de-pieds attachés au service de la petite écurie, desquels il a droit de se servir, comme aussi des carrosses et chaises du roi.

Une des principales fonctions du Premier écuyer est de donner la main à sa majesté, si elle a besoin d'aide, pour monter en carrosse ou en chaise ; et quand le roi est à cheval, de partager la croupe du cheval de sa majesté avec le capitaine des gardes, ayant le côté gauche, qui est celui du montoir.

C'est le Premier écuyer, lorsqu'il se fait quelque détachement de la petite écurie pour aller sur la frontière conduire ou chercher un prince ou une princesse, qui présente au roi l'Écuyer ordinaire de sa majesté, ou un Écuyer de quartier pour être commandant de ce détachement.

Dans les occasions où le roi fait monter quelqu'un dans mon carrosse, il fait l'honneur à son Premier écuyer de lui donner place.

Le Premier écuyer a place au lit de justice, conjointement avec le capitaine des gardes-du-corps et le capitaine des cent-Suisses, qui le précédent, sur un banc particulier au-dessous des pairs ecclésiastiques : cela s'est pratiqué ainsi, le roi séant en son lit de justice, le 12 septembre 1715, et le 22 février 1793.

Sous le Premier écuyer sont un Écuyer ordinaire commandant la petite écurie, deux autres Écuyers ordinaires, des Écuyers cavalcadours, et vingt Écuyers en charge, qui servent pour la personne du roi par quartier. Il ne faut pas confondre les Écuyers du roi avec ceux dont il est parlé du temps de Charles VI, sous le nom d'Écuyers du corps du roi ; car ceux-ci étaient une garde à cheval composée d'Écuyers, c'est-à-dire de gentilshommes, qu'on appelait dans ce temps Écuyers du corps.

Les Écuyers du roi ont seuls les fonctions du grand et du Premier écuyer, en leur absence pour le service de la main.

Les Écuyers du roi servant par quartier, prêtent serment de fidélité entre les mains du grand-maître de la maison du roi. L'Écuyer de jour doit se trouver au lever et au coucher du roi, pour savoir si sa majesté monte à cheval, si le roi va à la chasse et prend ses bottes, l'Écuyer doit lui mettre ses éperons, il les lui ôte aussi. Soit que le roi monte à cheval ou en carrosse, l'Écuyer le suit à cheval. Pendant la journée les Écuyers suivent et entrent partout où le roi est, excepté le temps où le roi tiendrait conseil ou souhaiterait d'être seul ; alors l'Écuyer se tient dans le lieu le plus prochain de celui où est le roi. L'Écuyer suit toujours immédiatement le cheval ou le carrosse de sa majesté. Le roi venant à tomber, l'Écuyer soutient ou relève le roi ; il présenterait son cheval si celui de S. M. était blessé, boiteux ou rendu, soit à la chasse, soit à la guerre.

Dans la marche ordinaire, et au cas que le grand ou Premier écuyer n'y soit pas, l'Écuyer de jour partage la croupe du cheval que le roi monte, avec l'officier des gardes ; mais il prend le côté gauche, qui est celui du montoir. Dans un détroit, dans un défilé, il suit immédiatement le roi, parce qu'en cette rencontre, et à cause du service, l'officier des gardes le laisse passer avant lui. Le roi passant sur un pont étroit, l'écuyer met pied à terre et vient tenir l'étrier de S. M., de crainte que le cheval du roi ne bronche ou ne fasse quelque faux pas. Si le grand ou le Premier écuyer suivait le roi, il tiendrait l'étrier de la droite, et l'Écuyer de quartier ou de jour, celui de la gauche.

Sitôt que le roi a des éperons, s'il ne met pas l'épée à son côté l'Écuyer de jour la prend en sa garde. Si le roi de dessus son cheval laisse tomber quelque chose, c'est à l'Écuyer à la lui ramasser, et à la lui mettre en main. À l'armée l'Écuyer du roi sert d'aide-de-camp à S. M. ; un jour de bataille, c'est à l'Écuyer à mettre au roi sa cuirasse et ses autres armes.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

 

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