ÉMIGRÉ, ÉE,
subst. et part. Ce nom fut particulièrement
donné aux Français qui, fidèles aux principes
de la monarchie, et sincèrement attachés à la
personne des princes de la maison de Bourbon, quittèrent la
France en 1790 et années subséquentes, pour grossir les
armées alliées destinées à arrêter
le cours de notre funeste et désastreuse révolution ;
mais le sort des armes ayant été favorable au
parti révolutionnaire, et depuis aux divers gouvernements qui,
pendant vingt-cinq ans, remplacèrent en France l'autorité légitime,
les Émigrés furent
dépouillés de
leurs biens, et ceux qui tentèrent
de rentrer sur le sol français furent condamnés et mis à mort.
Ainsi, les plus anciennes familles du royaume, celles qu'une fidélité et
un dévouement inébranlable attachaient aux revers de
l'antique dynastie de nos rois, se virent dépouiller et
proscrire sans pouvoir même espérer que leurs malheurs
auraient un terme ; mais la providence qui tôt ou tard est la
réparatrice
des maux du juste, changea cet ordre de choses en 1814, et permit
que les événements militaires préparassent à ces
illustres victimes, le retour dans le sein de la mère patrie.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816