ENTRÉES CHEZ LE ROI. Il y avait
cinq Entrées différentes
chez le roi, non compris celle du cabinet.
ENTRÉE FAMILIÈRE .
L'Entrée familière
est la première,
elle est pour les princes, seigneurs et officiers, auxquels le roi
a accordé cet honneur ; elle a lieu lorsque S. M. est éveillée,
jusqu'au moment qu'elle appelle les grandes Entrées.
GRANDE ENTRÉE.
La grande Entrée, qui est la
seconde, est pour les grands officiers de la chambre et garde-robe,
et les seigneurs auxquels le roi veut accorder cette Entrée,
avec les autres officiers de la garde-robe : savoir, le grand
chambellan, les premiers gentilshommes de la chambre du roi, le grand-maître
et les maîtres de la garde-robe,
le premier valet de garde-robe de quartier, le valet de garde-robe
ordinaire, le valet de garde-robe de quartier, le garçon
de garde-robe ordinaire, le cravatier, le tailleur, le porte-malle,
le barbier ordinaire, les deux barbiers valets de chambre de quartier,
l'horloger
valet de chambre de quartier, les apothicaires de quartier. Cette Entrée est
aussi accordée
par le roi à quelques maréchaux de France et à des
personnes des deux sexes, à qui S. M. veut faire cet honneur.
PREMIÈRE ENTRÉE.
La première Entrée (qui est la troisième) ou
l'Entrée des brevets est
aussi celle du petit coucher : cette Entrée se
fait lorsque l'on appelle la première Entrée,
qui est composée
des lecteurs de la chambre et du cabinet du roi, des intendants des
menus plaisirs et affaires de S. M., de l'intendant, du contrôleur-général
de la bouche, des premiers valets de garde-robe hors de quartier,
des valets de garde-robe hors de quartier, des barbiers valets de chambre
hors de quartier, des horlogers valets de chambre hors de quartier,
du porte-chaise d'affaires, du médecin ordinaire, du chirurgien
ordinaire, des médecins consultants hors de quartier,
du premier médecin de madame la dauphine et de mesdames.
Cette Entrée est également
accordée
au premier écuyer, au sous-gouverneur du dauphin, au bibliothécaire
du roi, à l'intendant et contrôleur des meubles de
la couronne, au garde-général
des meubles de la couronne, et à des seigneurs à qui le roi
veut faire cette grâce.
Nota. Ces trois Entrées se font par les garçons
de la chambre.
ENTRÉE DE LA CHAMBRE.
Avant que d'appeler cette Entrée,
on fait entrer les ambassadeurs d'Espagne et des deux Siciles.
La quatrième Entrée est
l'Entrée de
la chambre, c'est-à-dire des officiers de la chambre
et de ceux à qui le roi a accordé cette Entrée par
grâce
et par brevet, elle se fait quand on appelle la chambre et pour lors
c'est l'huissier de la chambre qui s'empare
de la porte et fait cette Entrée.
Ceux qui la composent sont les huissiers du cabinet, les huissiers
de la chambre, l'huissier
de l'antichambre ordinaire, les huissiers de l'antichambre
ordinaire, les valets de chambre, le valet de chambre, les tapissiers
valets de chambre, le porte-manteau ordinaire, les portes-manteaux
de quartier, le porte arquebuse, le garde-général des
meubles, l'imprimeur du roi, le grand aumônier, les aumôniers
de quartier, le maître de la chapelle, le maître de l'oratoire,
le confesseur du roi, les ministres et secrétaires d'état
des conseils du roi, les conseillers d'état ordinaires
au conseil des finances, les capitaines des gardes du corps,le major
des gardes du roi, le commandant des gendarmes, le commandant des
chevau-légers, les commandants des mousquetaires, le colonel-général
des gardes françaises, le major des gardes françaises,
le colonel du régiment du roi, le major de la gendarmerie, parce
qu'il
a le détail de la compagnie, et qu'il travaille seul
avec le roi pour lui rendre compte et prendre les ordres de S. M. ;
le capitaine des cent Suisses, le capitaine des gardes de la porte,
le grand veneur, le grand fauconnier, le grand louvetier, le commandant
du vautrait, le capitaine du vol des oiseaux du cabinet, le capitaine
des levrettes, le grand écuyer, le premier écuyer, le
commandant pour la grande écurie, le commandant de la petite écurie,
le grand prévôt, le grand-maître des cérémonies,
le maître des cérémonies, l'aide des
cérémonies, les introducteurs des ambassadeurs, le sous-introducteur,
les secrétaires, les gentilshommes de la manche du
roi, les menins de M. le dauphin, les maréchaux de France, quelques évêques
désignés, le porte-oriflamme, le lecteur de la reine,
le gouverneur des pages de la grande écurie, le premier maître
d'hôtel du roi, le maître d'hôtel ordinaire,
le contrôleur ordinaire de la bouche, le premier architecte
du roi, les contrôleurs des bâtiments de Versailles et
du château, le grand panetier, les médecins servants deux
par quartier, le médecin spargique, le médecin servant
quand on l'appelle, le médecin opérateur, les chirurgiens
servants par quartier, les apothicaires distillateurs, l'opérateur-chimiste-distillateur,
les opérateurs ordinaires, l'opérateur
oculiste, l'opérateur pour les dents, les renoueurs.
CINQUIÈME ENTRÉE.
La cinquième Entrée dépend
des premiers gentilshommes de la chambre ; elle a lieu pour des
seigneurs choisis que l'huissier
nomme au premier gentilhomme de la chambre, lequel ensuite les nomme
au roi, et ils ont la préférence d'entrer les premiers
et d'approcher le plus près de S. M. avant tous les autres :
cette Entrée se fait quand le
roi a lavé ses mains.
L'huissier de la chambre laisse entrer, après que S. M.
a pris sa chemise, tous les officiers et gens connus.
ENTRÉE DU CABINET CHEZ LE ROI.
Le grand aumônier, le grand écuyer, le premier écuyer,
le premier aumônier, le capitaine des gardes du corps de quartier,
le capitaine des cent Suisses, le commandant des gendarmes, le capitaine
des chevau-légers, le colonel des gardes françaises,
les suivants : savoir les ministres et secrétaires
d'état,
tous ceux qui ont les premières Entrées,
l'huissier étant
en dedans ; mais lorsqu'il est en dehors, il les annonce
tous.
LE BOTTÉ ET LE DÉBOTTÉ DU ROI.
Pour le retour de la chasse ou promenades, quand le loi change, on
ne demande pas pour les seigneurs qu'après que S. M.
a pris sa chemise ; mais ceux qui ont les Entrées de
l a chambre, quoiqu'ils ne soient pas officiers ni de
la de la garde-robe, peuvent entrer au premier moment de l'arrivée
du roi.
ENTRÉE DU BOUILLON.
Les jours que le roi prend médecine, toute la faculté,
c'est-à-dire le premier médecin, les
médecins, le premier chirurgien, les chirurgiens ordinaires
et de quartier, et les apothicaires doivent se trouver à la
chambre.
Quand la médecine est apportée dans la chambre du roi,
l'on
appelle le premier gentilhomme de la chambre, qui attend ordinairement
dans le cabinet ; un garçon de la chambre appelle
tout de suite la grande Entrée,
un huissier prend la porte de la chambre et un autre celle du salon
qui donne dans l'antichambre,
la porte qui donne dans la galerie est fermée, et il ne reste
dans le salon que ceux qui ont les Entrées de la chambre.
Lorsque le bouillon est apporté par l'écuyer
de la bouche, l'officier du gobelet et le contrôleur ordinaire
de la bouche, dans ledit salon, l'huissier va annoncer, comme
au lever, au premier gentilhomme de la chambre, les seigneurs qui attendent
ce moment pour faire leur cour ; et lorsque le roi a pris son
bouillon, l'huissier fait repasser et sortir tout le monde, excepté ceux
qui ont les grandes Entrées.
Comme il pouvait arriver quelquefois que le premier gentilhomme de
la chambre ne fût pas présent lorsque le roi prenait médecine,
le premier maître d'hôtel était toujours tenu
d'y assister, selon que le roi l'avait décidé dans
le cours du quartier d'avril 1737.
Les Entrées chez la reine, le dauphin, et les autres princes
et princesses du sang, sont réglées sur le même
pied.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816