ET CÆTERA, termes latins usités
dans les actes et dans le style judiciaire pour annoncer que l'on
omet, pour abréger, le surplus d'une clause dont il n'y
a que la première
partie qui soit exprimée. L'usage de ces mots vient du
temps que l'on rédigeait les actes en latin, c'est-à-dire
jusqu'en
1539 ; on les a conservés dans le discours français
comme s'ils étaient du même langage, lorsqu'en
parlant on omet quelque chose.
Un seigneur après avoir énoncé toutes les terres
dont il était seigneur, ajoutait quelquefois un Et
cæetera,
ce qui supposait qu'il possédait encore d'autres
seigneuries qui n'étaient pas nommées, quoiqu'ordinairement
chacun soit assez curieux de prendre tous ses titres ; mais, quoiqu'il
en soit, cet Et cæetera est ordinairement
indifférent.
Il y a néanmoins des cas où une autre personne pourrait
s'y opposer, par exemple si c'était dans une
foi et hommage, ou aveu et dénombrement, et que le vassal, soit
dans l'intitulé, soit dans le corps de l'acte,
eût mis qu'il possédait plusieurs fiefs, terres
ou droits ; et qu'après en avoir énoncé plusieurs,
il eût ajouté un Et cæetera pour
donner à entendre
qu'il en possédait encore d'autres ; le seigneur
dominant pouvait blâmer l'aveu, et obliger le vassal
d'exprimer tout au long les droits qu'il
prétendait avoir.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816