FAISANCES, subst, fém. pl., c'étaient
des redevances annuelles qui consistaient dans l'obligation de faire quelque
chose. Un censitaire devait quelquefois à son seigneur, outre le cens
et les rentes en argent, des Faisances, operas, qui étaient
des espèces de
corvées : c'est en ce sens que ce terme est entendu dans le vieux
coutumier
de Normandie. Voyez ce qui est dit dans le Glossaire de
Laurière. Ce mot Faisances ne signifiait pourtant pas toujours corvées, c'était
plutôt synonyme de rente et redevance ; comme
il paraît par une instruction faite par le conseil de Charles V,
le 13 mars 1366, qui est dans le IVe volume des Ordonnances
de la troisième race, p. 716.
Quelquefois le mot Faisances signifiait en général paiement
d'une rente, comme dans la coutume de Normmandie, art. 497.
Les fermiers étaient aussi quelquefois chargés par leurs baux,
de Faisances, comme de fait pour le propriétaire
des voitures, de labourer pour lui quelques terres. Quand ces Faisances n'étaient
pas fournies en natures, on les estimait en argent. L'estimation en était
quelquefois faite par le bail même ; lorsque ces Faisances n'étaient
pas dues purement et simplement, mais que le propriétaire avait seulement
la faculté de les demander chaque année, elles ne tombaient point
en arrérages ni estimation.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816