FAÎTAGE, subst. masc., festagium, c'était
un droit qui se payait annuellement au seigneur par chaque propriétaire,
pour le faîte de sa maison, c'est-à-dire pour la faculté qui
lui avait été accordée d'avoir fait élever
une maison dans le lieu. Il en est parlé dans les coutumes de Berry, tit.
vi, art 3, Ménétou sur Cher, art. 19, Dunois, art. 26
et 27, et au procès-verbal de la coutume de Dourdan.
Le roi, au lieu de cens, levait, en la ville de Vierzon, un droit de Faîtage,
qui était de cinq sous pour chaque faîte de maison. Il en est
aussi parlé dans les Preuves de la maison de Châtillon, liv. III, p. 41,
dans un titre de l'an 1226 : dans la confirmation des coutumes
de Loris, pour la ville de Sancerre, accordée par Louis II, comte
de Sancerre, en 1327. Les comtes de Blois levaient un pareil droit à Romorantin,
suivant une charte de la comtesse Isabelle, de l'an 1240. Voyez La
Thaumassière, sur la coutume de Berry, tit. vj,
art.
3.
Faîtage, ou Droit
de faîtage, festagium, se
prenait aussi pour le droit qui appartenait, en certains lieux, aux habitants
de prendre dans les bois du seigneur une pièce de bois pour servir
de comble ou faîte à leur maison. Voyez Brillon, au
mot Festagium.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816