FORJUGER, v. n., signifiait quelquefois
déguerpir un héritage,
quelquefois adjuger. Dans les preuves de l'histoire de Guines,
page 191, des terres forjugées sont des terres
confisquées.
Une ancienne chronique disait que fut forjugée au
roi d'd'Angleterre toute la Gascogne et toute
la terre qu'il avait au royaume
de France. Dans le chap. 195 des assises des Jérusalem, les
forjugés sont des condamnés.
Forjugerl'absent, dans
le style du pays de Normandie, était
quand le juge avait forclos le défendeur défaillant
et contumax, et le condamnait en l'amende ; et dans
l'ancienne
couture de Boulonnais, art. 120 et 121, Forjuger,
c'était lorsque le seigneur féodal retirait
l'héritage
mouvant de lui, faute par son vassal d'acquitter les droits et
les devoirs. Cette même coutume et le style de Normandie que
l'on
vient de citer, usaient, aussi indifféremment du terme Forjuger.
Voyez l'auteur de la vieille chronique de Flandre, ch.
38 et 68, les constitutions de Sicile, Vulgo
Neapalitanæ, lib. 1,
tit. 53, et lib. 2, tit. 3 et seq.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816