FRANC-ALLEU, subst. masc, fief qui était
possédé librement par
quelqu'un, sans dépendance d'aucun seigneur. Le
mot Alleu a été formé des
mots alodis, alodus, alodium,
aleudum, usités dans les anciennes lois et dans les anciens
titres, qui tous signifiaient terre, héritage, domaine ;
et le mot Franc marquait que cet héritage était
libre et exempt de tout domaine. Mais quelle est l'origine de
ces mots latins eux-mêmes ? C'est ce qu'on ne sait
point.
Casseneuve dit qu'elle est aussi difficile à découvrir
que la source du Nil. Il y a peu de langues en Europe à laquelle
quelqu'étymologiste n'en ait voulu faire honneur.
Mais ce qui paraît de plus vraisemblable à ce sujet,
c'est que ce mot est français d'origine.
Bollandus définit l'Alleu,
prædium, seu quævis
possessio, libera juris que proprii, et non in fendurn clientelari
onere accepta. VoyezFief.
Après la conquête des Gaules, les terres furent divisées
en deux manières, savoir : en bénéfices et
en Alleux, beneficia et allodia.
Les bénéfices étaient les terres que le roi donnait à ses
officiers et à ses soldats, soit pour toute leur vie, soit pour
temps fixe. Les Alleux étaient
les terres dont la propriété restait à leurs
anciens possesseurs : le soixante-deuxième titre de la
loi salique était
de allodis ; et là ce mot était employé pour fonds
héréditaires, ou celui qui venait à quelqu'un,
de ses pères. C'est pourquoi Alleu et
patrimoine étaient
souvent pris par les anciens jurisconsultes pour deux termes synonymes.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816