FRANC-DEVOIR, c'était une
redevance annuelle, en laquelle le seigneur avait converti l'hommage
qui lui était dû pour
le fief mouvant de lui. Ces sortes de conversions d'hommage en
Franc-devoir, qu'on appelait aussi abonnement ou abrègement
de fief, furent principalement introduites lorsque les roturiers
ou ceux qui ne faisaient pas profession des armes commencèrent à posséder
des fiefs ; ce qui arriva, dit-on, dans le temps des croisades.
Le Devoir annuel que le seigneur imposa
sur le fief, fut appelé Franc,
comme représentant l'hommage même, la marque de
la noblesse et de la franchise de l'héritage, lequel
se partageait toujours noblement, même entre roturiers, quand
il était
une fois échu en tierce main.
Franc-devoir, était aussi lorsque
l'héritage du
roturier était donné par le seigneur du fief à Franc-devoir,
soit que la redevance fût annuelle, ou due à chaque mutation
d'homme ou de seigneur, au moyen de quoi l'héritage
ainsi tenu ne devait point de rachat ; mais il était dû des
ventes dans les cas où elles avaient lieu par la coutume.
Franc-devoir, dans les anciennes chartes,
signifiait aussi les charges que les hommes de franche et libre condition
devaient, pour usage de bois, pour pacage, panage ou autrement.
d'après le Dictionnaire encyclopédique
de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816